Depuis Francfort, l'édition italienne annonce sa Renaissance

Clément Solym - 19.10.2016

Edition - Economie - Federico Motta AIE - édition italienne croissance - vente livres droits


À l’occasion de la Foire du livre de Francfort, Federico Motta, président de l’Associazione Italiana Editori, a présenté un tableau réjouissant de l’édition italienne. Une croissance légère, 0,2 % (Nielsen), enregistrée au cours des huit premiers mois, met en liesse.

 

Giunti al Punto librairie

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

La tendance est positive, pour l’ensemble des canaux de vente, alors même que le nombre d’exemplaires vendus diminue de 2,9 % (1,4 million d’exemplaires). Cependant, on enregistrait une diminution de 5 % des ventes en 2015, par rapport à 2014.

 

Cette longue période de déclin enregistrée au cours des dernières années semble donc prendre fin. Et c’est le message que les 250 éditeurs italiens présents à Francfort entendent véhiculer. Au cours de l’année 2015, l’exportation de livres italiens a augmenté de 11,7 %, la manifestation professionnelle sera l’occasion de confirmer la tendance. En 2001, 1800 titres avaient été vendus à l’étranger, quand, en 2015, ils sont près de 6000. En comparaison, 17,6 % des livres publiés sur le territoire sont des traductions. 

 

Au cours des années passées, l’immense réussite qu’a pu être Elena Ferrante à l’international montrerait la vivacité du marché. « Mais ce n’est pas un élément isolé : durant des années, les études nous indiquent que la possibilité d’exporter les droits de traduction à l’étranger augmente constamment », souligne le président Federico Motta. 

 

Avec un résultat de 2,68 milliards €, le chiffre d’affaires de l’édition italienne a augmenté de 0,5 % en 2015, par rapport à 2014. Au cours des six premiers mois de 2016, la bonne tendance se confirme donc, avec, notamment, une croissance des livres numériques, passant de 29.908 titres en 2015,) à 41.538 cette année. (synthèse du rapport en fin d’article)

 

Renouer avec les lecteurs, et les retrouver

 

« Le grand défi réside dans le recrutement du nombre de lecteurs : le taux de pénétration du livre en Italie a renoué, en 2015, avec la croissance (42 %) », explique-t-il. Mais en regard de l’industrie du livre dans d’autres pays, le résultat reste encore faible. « Nous travaillons avec enthousiasme sur le sujet. Notre défi, dans le projet industriel, nous amène à investir dans des foires commerciales, à viser la mondialisation de nos produits et la visibilité de nos éditeurs. »

 

Ivan Scalfarotto, secrétaire italien du développement économique et du commerce international assure de son côté, que le gouvernement a choisi de réaliser des investissements dans la culture et l’éducation. « Pierres angulaires de notre action », ces secteurs représentent des enjeux majeurs. « Nous observons avec attention les efforts de l’édition italienne, qui répond d’une façon intelligente à la situation économique difficile, et en même temps, avec une transition technologique délicate », précise-t-il.