Depuis Strasbourg, Yaël Lipsyc, 17 ans, publie son premier roman au Canada

Nicolas Gary - 22.11.2017

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Tout commence vers l’âge de 11 ans, quand Yaël Lipsyc décide d’entamer un premier livre – un roman de fantasy. Elle l’achèvera à 13 ans, et laissera reposer son clavier quelque temps. Puis, l’appel revient : elle se lance dans la rédaction d’un nouveau roman, plus orienté vers le Young Adult. Aujourd’hui, Yaël Lipsyc a 17 ans, elle vit à Strasbourg et publie chez Bayard Canada La comète — Matricule A390G7.


Yaël Lipsic
Yaël Lipsyc - ActuaLitté, CC BY SA 20

 

« C’est aussi l’auteure la plus jeune que nous publions. Et c’est également le plus grand livre – avec ses 536 pages – qui entre à notre catalogue » assure Thomas Campbell, directeur littéraire et artistique de la maison.

 

Yaël Lipsyc, elle, n’en revient pas vraiment : se présentant avec un sourire sans malice, comme passionnée de lecture, elle explique que l’écriture du livre s’est comme imposée. Son livre, le premier tome d’une trilogie déjà actée, raconte l’histoire d’Isis. Cette jeune fille vit dans une société aux règles strictes : les enfants suivent la voie de leurs parents, obligatoirement.

 

« Mais Isis est plutôt rêveuse, et voudrait autre chose. Elle va aller à l’encontre de ce que la société impose, de l’hypocrisie générale, avec une franchise très forte », nous raconte-t-elle.

 

L’auteure ne cache rien de ses sources d’inspirations : Hunger Games, Divergente mais également des films de science-fiction comme Bienvenue à Gattaca. Et de reconnaître volontiers que son écriture « a quelque chose d’une vie par procuration, dans un monde fantastique. Même à mon niveau, la segmentation que l’on vit au lycée est une forme de contrainte qui s’exerce sur les élèves ».

 

Le prochain volume est déjà programmé au printemps 2018 et le tome 3 sortira en 2019.

 

« Yaël a un profil extrêmement particulier : effectivement c’est une très jeune auteure, française qui plus est. Pour Bayard Canada, cela représentait un véritable défi. Mais en découvrant la maturité de son texte et celle dont elle est capable de faire preuve, c’est devenu une évidence », poursuit Thomas Campbell.

 

Défi, parce que la promotion n’est pas évidente : invitée au Salon du livre de Montréal cette année, la primo-romancière était toutefois bien entourée. « Elle démontre, si c’était nécessaire, que la valeur d’un texte n’attend pas le nombre des années de son auteur. Et il faut admettre qu’entre le manuscrit qui nous a été présenté et celui publié, la réécriture n’a pas vraiment été considérable », ajoute-t-il.



 

 

Mais la force réside avant tout dans cette capacité « à parler aux jeunes lecteurs de son âge : ce n’est pas une auteure adulte qui écrit de la non fiction. Son lectorat a sensiblement son âge, et elle parvient à les convaincre, leur raconte une histoire qui est proche d’eux ».

 

La dystopie, genre très en vogue auprès des adolescents, bat ici son plein, mais Yaël Lipsic garde la tête farouchement rivée aux épaules. Elle souhaite poursuivre des études pour devenir orthophoniste, et continuer d’écrire, évidemment. Ce 3 décembre, elle donne rendez-vous aux curieux à la librairie Kléber, à Strasbourg, pour une autre rencontre...

Yaël Lipsyc – La comète — Matricule A390G7 – Bayard Canada – 9782897700904 – 23,95 $
 

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