Depuis Twitter, BHL devient ce hacker vaillant

Clément Solym - 14.01.2011

Edition - Société - tunisie - pirater - bhl


« Selon que vous serez puissant ou misérable », concluait la fable de Jean de la Fontaine. Ses Animaux malades de la peste auraient beaucoup à redire encore, si l'on daignait les écouter. Permettez que le journaliste amusé se fende d'une analyse.

Hier, sur le fil bien tendu de Twitter, le philosophe BHL s'est fendu d'un message, véritable appel à la mobilisation générale, clair, net et légèrement problématique. « Hackers de tous les pays, unissez-vous. Soutenez les Anonymous. Piratez, bloquez, les sites officiels de la Tunisie de Ben Ali. BHL »


Message dont on ignore encore s'il a été entendu, et que l'intéressé a appuyé d'un communiqué diffusé auprès de l'AFP. « Nous invitons à hacker, en particulier, tous les sites de presse aux ordres du régime Ben Ali ; et ce, tant que ces sites s'obstineront à mentir sur la nature de la révolte et sur la réalité de la répression qui se déroulent, aujourd'hui, en Tunisie », explique-t-il.

Pour mémoire, les Anonymous sont ce groupe de pirates qui s'est fait connaître en apportant son soutien au site Wikileaks. Ces derniers ont lancé des attaques contre certaines sociétés et autres sites qui avaient fait défection à Wikileaks - Paypal, Visa ou encore Mastercard, et qui menaçaient possiblement des Facebook ou encore Amazon.

Autre petit souvenir. En juin 2006, un internaute des environs de Lyon incite indirectement ses congénères à pirater. Pas dans un message clair et aussi direct que celui de BHL. Il avait été condamné à 130.000 € d'amende, nous rappelle 01Net.

Évidemment, pas le même piratage, puisque dans un cas, il s'agit de mener des attaques - condamnées par la loi - et de l'autre, de la réalisation de contrefaçons - non moins condamnées.

Mais, quelle que soit la position de BHL sur le sujet tunisien, l'incitation au piratage n'est-elle pas condamnable ? Surtout qu'il en appelle à une presse spécialisée, celle-là même qui était reconnue coupable d'incitation au piratage, en vertu du Digital Millenium Act, la loi américaine qui légifère sur ces questions. (Legal Biznet)

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