Déréférencer les sites pirates dans les résultats de recherche Google

Clément Solym - 16.08.2012

Edition - Justice - résultats de recherche - Google - sites pirates


C'est presque une bataille de gagnée, pour les sociétés engagées dans la lutte contre la contrefaçon sur internet, et plus particulièrement dans le bras de fer qui les oppose à Google, et ses fameux résultats de recherche. La firme californienne s'était engagée à supprimer les résultats pointant vers des sites illégaux, au profit de sites marchands tout à fait légaux. Une décision formelle, certes, mais pas sans conséquence...

 

En effet, depuis le début de la semaine, Google est censé avoir modifié l'algorithme mystique qui fait sortir les résultats de recherche, pour tenir compte des demandes de retraits de sites entrant en infraction avec le droit d'auteur. De nombreuses plaintes émanant des ayants droits devraient ainsi reléguer les sites de pirates aux confins du net, en page 36 des résultats de recherche.

 

Work in progress

 

« Ce changement de classement devrait aider les utilisateurs à trouver des sources de contenus qualitatives et légitimes plus facilement - qu'il s'agisse d'une avant-première de chanson sur le site de PRR Music, une émission de télévision sur Hulu, ou la nouvelle musique à la moque en streaming sur Sportify », souligne Amit Singhal, vice-président senior de l'ingénierie chez Google.

 

 

 

 

Une orientation différente des résultats, pour pointer vers des sources légitimes, qui signe « la nouvelle volonté de Google de valoriser le droit des créateurs ». Mais là, il faudra compter sur d'autres problèmes soulevés par ce type de décision. Alors que le mois dernier, ce sont 4,3 millions de demandes de suppression d'adresses web que Google a reçues, reste que le moteur, s'il garde un oeil sur ce qui se passe, ne peut pas tout à fait devenir aveugle comme la justice.

 

Ains, le déréfencement est possible, induisant une perte de page rank ou un classement exécrable dans les résultats de recherche, mais impossible de supprimer définitivement le site des résultats, assure la société. En effet, Google ne définit pas si tel ou tel sites contreviennent au droit d'auteur : il ne peut que prendre en compte les demandes réalisées, les croiser et prendre des mesures pour déclasser un site. En revanche, aucune suppression n'aura lieu, à moins qu'elle ne vienne directement d'un ayant droit et soit amplement motivée. 

 

Sanctionner de la sorte les sites pirates, pour faire ressortir les sites marchands, ou estampillés ‘sites autorisés par les ayants droits', cela fait tout de même grincer des dents. Que le moteur réponde aux exigences des sociétés qui le sollicite, en faisant valoir des infractions et des sites pirates, c'est une chose ; favoriser des résultats de sites marchands, en voilà une autre. 

 

Plus mieux que les autres !

 

De quoi rappeler également les propos d'un certain... Franck Riester, du temps de l'Hadopi première génération, pour qui il était important que les sites proposant une offre légale se voient mieux référencés que les autres. Et ce, évidemment, pour attirer le chaland plus aisément, et l'inciter à dégainer sa carte de crédit - et faire chauffer, Marcel, la puce. Si Google avait, en sont temps, critiqué pareille proposition, en l'occurrence l'amendement 50, il était de toute manière hors de question de céder à la folie des grandeurs, niveau 6 sur l'échelle de Riester.

 

Dans des conditions fixées par décret en Conseil d'État, la Haute Autorité attribue aux offres proposées par des personnes dont l'activité est d'offrir un service de communication au public en ligne un label permettant aux usagers de ce service d'identifier clairement le caractère légal de ces offres et elle veille à la mise en place ainsi qu'à l'actualisation d'un système de référencement de ces mêmes offres par les logiciels permettant de trouver des ressources sur les réseaux de communications électroniques. (Voir Assemblée nationale)

 

Or, le New York Times fait valoir que le diable sera bien dans les détails - et qu'il faudra examiner scrupuleusement la mise en application de ce genre de changement dans les algorithmes. 

 

En janvier dernier, rappelons que Time Xarner et Walt Disney avaient soutenu deux projets de loi contre le piratage, devant le Sénat et la Chambre des représentants, contre... Facebook et Google, pour qui ces projets de loi entraient en stricte violation de la liberté sur le net. Une rencontre entre les différentes parties avait amené à trouver un terrain partiel de discussion, et apaiser les tensions. 

 

Pour l'heure, rien n'indique non plus que les sites de vente seront par ailleurs favorisés. On se demandera tout de même qui, entre un site marchand et un journal en ligne, ou un réseau social, devrait être favorisé, quand on effectue une recherche, par exemple sur le nom d'un livre et celui de son auteur ? Qui des trois serait en effet le plus légitime ?

 




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