Des 343 salauds aux 343 connards, Nicolas Bedos se désiste

Nicolas Gary - 03.11.2013

Edition - Société - 343 salauds - 343 connards - prostitution


« Touche pas à ma pute », le slogan avait tout du message publicitaire potache, de la provoc' facile et inconsistante. Bref, ça prenait tous les aspects du coup de promo, alors que la France réfléchit à sanctionner les clients des prostitué(e)s. Et pour accrocher, la référence aux 343 salopes, qui réclamaient le droit à l'avortement, était manifeste.

 

 


 

 

Sauf qu'ils n'étaient pas vraiment 343 signataires, mais une petite vingtaine à impulser le mouvement, au rang desquels Frédéric Beigbeder, Nicolas Bedos, ou encore François Taillandier, Renaud Camus, Richard Malka (avocat de DSK et scénariste BD), Pascal Bruckner et Éric Zemmour. Du beau linge. 

 

Les réactions les plus diverses ont fusé, mais la plus intelligente reste celle de la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem : « Les 343 salopes réclamaient en leur temps de pouvoir disposer librement de leur corps. Les 343 salauds réclament le droit de disposer du corps des autres. Je crois que cela n'appelle aucun autre commentaire », déclarait-elle au sortir du Conseil des ministres.

 

Entre temps, et comme pour répondre avec la même subtilité que celle déployée par les salauds, un site s'est rapidement monté, 343connards.fr, proposant d'envoyer un message d'amour aux artistes, auteurs, politiques, bref, aux différents signataires de l'Appel. 

Nous offrons la possibilité d'une sorte de droit de réponse à ce qui entend s'instituer comme une offense permanente à la dignité des femmes, prostituées ou non.

Nous nous révoltons de voir que des hommes usent de leur stature publique pour faire parler d'eux contre la cause des femmes et nous entendons leur montrer que, nous aussi, citoyens, citoyennes, nous avons le droit d'être entendus.

 

Le débat a dû faire son effet, puisque l'un des premiers signataires vient de faire volte-face : Nicolas Bedos, sur Europe 1, a expliqué qu'après avoir mûrement réfléchi, ou réfléchi tout court, ce manifeste des 343 salauds allait probablement un peu trop loin. « Ça m'a été présenté comme une sorte de blague, un peu provoc, qui disait des choses relativement vraies. Quand on lit le texte attentivement, je ne vois pas ce qui me ferait rougir de signer », précise-t-il.

 

De la blague potache, qui doit être officialisée dans le prochain numéro du journal Causeur, ce 7 novembre, au flagrant délit de mauvais goût, l'humoriste reconnaît qu'il n'a jamais pris le temps de vérifier ce qui se passe au Bois de Boulogne, et réplique : « Je dis juste : les gouvernements ne sont personne pour mettre leur grain de sel dans la misère affective de personnes qui ont besoin de ça, d'une sorte d'hygiène sexuelle. Dédramatisons. On a le droit de se moquer de cette tendance qu'ont les politiques à vouloir faire la morale au sujet des mœurs françaises. Il y a d'autres priorités que de s'attaquer à ce métier. » 

 

Et probablement d'autres causes, même potaches, qui méritent de l'attention... A ce titre, on finira bien par convoquer Doc Gyneco, susceptible de mettre tout le monde d'accord avec Ma Salope à moi...