(Dés)accord dominical à la Fnac : les trois syndicats majoritaires brandissent leur veto

Joséphine Leroy - 12.07.2016

Edition - Economie - Fnac syndicats travail - Fnac travail dominical - salariés syndicats Fnac


La CGT, SUD et FO, syndicats majoritaires à eux trois, rejettent l’accord proposé par la Fnac en début d’année et signé le 5 juillet. Ils dénoncent un projet « synonyme de régression sociale majeure » aux promesses considérées comme trompeuses. 

 

Alexandre Bompard - Prix BD Fnac 2016

(ActuaLitté / CC BY-SA 2.0)

 

 

Travailler le dimanche, c’est non. Du moins, pour les trois organisations syndicales que sont la CGT, FO et SUD. Les syndicats refusent de revenir sur leur décision et continuent de rejeter l’accord en bloc, contrairement à la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, qui l’avaient accepté début janvier. Ceux-ci ont signé l’accord du 5 juillet qui aurait permis d’ouvrir des magasins de l’enseigne le dimanche, particulièrement dans la capitale. Dans la loi Macron, des zones touristiques internationales (ZTI) doivent en effet voir le jour à Paris et la Fnac aurait dû y ouvrir des magasins le dimanche et en soirée. 

 

En fin de semaine dernière, FO rappelait, dans un courrier, son droit d’opposition, « afin de préserver les intérêts des salariés de l’entreprise ». Comme on s’en doute, la direction de la Fnac n’est pas contente et fustige, sans le dire directement, l'attitude des trois syndicats. « Nous déplorons bien évidemment cette décision. On voit bien que l’on se heurte à la position dogmatique de certaines centrales syndicales opposées dès le départ à la loi Macron et au principe du travail dominical, sans en laisser le choix aux salariés », a-t-elle déclaré à l’AFP. 

 

Les trois syndicats opposés à l’accord critiquent également la stratégie communicationnelle de la direction. Lors de la journée de signature de l’accord (le 5 juillet), qui marquait aussi la dernière journée de manifestation contre le projet de Loi Travail (loi El-Khomri), la Fnac aurait placardé des affichettes pour expliquer pédagogiquement l’application de l’accord, en concordance avec la loi travail. Se demandant s’il s’agissait là d’un « hasard du calendrier » ou d’une « symbolique délibérée », les trois syndicats avaient pointé une « communication partielle et partiale ». 

 

Hasard du calendrier ou symbolique délibérée : 
Le 5 juillet, pendant que SUDFnac, Solidaires, CGT, FO arpentaient le...

Posted by SUD FNAC on Tuesday, 5 July 2016

 

 

La Fnac avait trois mois pour convaincre les organisations syndicales réticentes de souscrire à l’accord, sans quoi il ne serait plus applicable. Mais les trois organisations syndicales n’ont pas bougé, contrairement à ce que le groupe espérait. En janvier, déjà, elles anticipaient des « inégalités salariales entre ceux qui travailleront le dimanche et les autres ».

 

Dans le camp syndical adverse (la CFTC), on avançait l’idée d’un ajustement selon la volonté des salariés, au cas par cas. Bruno Marc, responsable CFTC, indiquait à l’AFP que « [c]eux qui veulent travailler le dimanche auront un accord bien bordé et ceux qui ne voudront pas ou voudront en faire un de temps en temps, rien ne les obligera à en faire plus ».

 

L’accord comptait 12 dimanches majorés à 200 % (payés triple) et 40 dimanches majorés à 100 % (payés double). En revanche, aucun repos compensateur n’était autorisé dans ce type de cas. 

 

Pourtant, la loi Macron prévoit dans les magasins ouverts occasionnellement (maximum 12 dimanches), d'une part une majoration fixée à 100 % et, d'autre part, un repos compensateur. 

 

Fin des manifestations ou non, les trois syndicats majoritaires de la Fnac seront attentifs à l'application des lois Macron et El-Kohmri.