Des auteures se regroupent en collectif pour partager leurs compétences

Bouder Robin - 27.05.2017

Edition - Société - collectifs d'auteurs - festival littérature polar - union d'auteurs


L'union fait la force : un adage qui se prête bien à l'histoire de ces deux collectifs, fondés par des auteurs en quête de succès. « Killer Women » et « Lost and Found » réunissent des écrivains méconnus qui souhaitent partager leurs atouts respectifs afin d'acquérir une plus grande popularité... Et ça fonctionne.




 

Le collectif « Killer Women » a été fondé à Londres il y a un peu plus de deux ans par Melanie McGrath et Louise Miller, rassemblant une vingtaines d'auteures de thriller et de polar. L'idée derrière la formation de ce groupe était simple : partager contacts de libraires, de presse, d'organisateurs d'événements pour atteindre à plusieurs une notoriété qu'aucun ne pourrait atteindre seul.

 

« Si vous n'êtes pas un auteur de marque, il est difficile de vous faire une place dans le milieu », explique Melanie McGrath. « Killer Women » a déjà mis en place un site internet, une newsletter, publié des anthologies, organisé un festival autour du polar et une murder mystery tour. Et d'autres projets sont en cours...

 

De la même façon, « Lost and Found » réunit depuis peu 5 écrivains débutants dans le Young Adult, et entame une tournée dans 6 villes du Royaume-Uni pour se faire connaître, grâce aux contacts de chacun. « Les auteurs peuvent se sentir un peu seuls au début, raconte Olivia Levez, membre du collectif. Quand nous nous sommes rencontrés, c'était comme si nous nous étions enfin trouvés. »

 

Des auteures partagent les remarques les plus sexistes entendues de leur carrière


Aucun problème pour participer à des événements à thème, puisque les livres de chaque auteur abordent les mêmes sujets : l'identité, le passage à l'âge adulte et la maturité. « Les événements auxquels nous avons participé étaient centrés sur nos livres, mais aussi sur la façon dont les personnages peuvent se sentir perdus, avant de se retrouver », poursuit Olivia Levez. Un thème qui colle parfaitement au nom du collectif...

 

Selon Melanie McGrath, cette façon de sortir des sentiers battus en terme de communication éditoriale faciliterait même les choses : « De façon générale, vous vendrez plus de livres en faisant passer du bon temps à vos lecteurs qu'en leur parlant du livre en lui-même. »

Et de fait : « Killer Women » organise des événements un peu spéciaux dans lesquels sont invités des représentants de la justice et des enquêteurs, pour recréer des scènes de crime plus vraies que nature. « Ce qui excite particulièrement les gens, c'est le réalisme derrière la fiction. Ils ne veulent pas connaître toute la procédure judiciaire mais en veulent un avant-goût. »

 

Festival, salons, foires : la librairie existe aussi hors les murs


Le succès est en tout cas au rendez-vous, puisque le collectif « Killer Women » a déjà été appelé pour participer à un festival littéraire à Folkestone, en collaboration avec les forces de police du tunnel sous la Manche. Pour la suite, le groupe prévoit encore plus grand, avec l'idée de créer une agence mettant en relation des auteurs de polar et des spécialistes du crime, « si vous aspirez à écrire un polar et que vous avez besoin des conseils d'un légiste », comme le précise la fondatrice.

 

Les idées sont originales et cette façon d'opérer promet d'ores et déjà un bel avenir à ces deux collectifs. De quoi donner envie à d'autres de se lancer dans l'aventure ?
 




Via The Bookseller