"Monsieur le Président Xi : un message des écrivains de l'Amérique"

Julie Torterolo - 21.09.2015

Edition - International - PEN lettre - censure chinoise - président chinois


Une quarantaine d’écrivains et journalistes, tous membres du PEN Center America – structure qui dépend du PEN World et lutte pour le rayonnement de la littérature à l’international et la liberté d’expression – ont adressé, jeudi dernier, une lettre au président chinois intitulée « Monsieur le Président Xi : un message des écrivains de l'Amérique ». Dans la correspondance, l’ensemble des auteurs font part de leur inquiétude sur la « détérioration de la liberté d’expression » dans le pays, qui va de pair avec le nombre conséquent d’intellectuels emprisonnés en Chine.

 

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Xi Jinping, l'actuel président chinois (thierry ehrmann, CC BY 2.0)

 

 

En début d’année, le gouvernement du président chinois Xi Jinping, déclarait illicite ce que l’on appelle les « jinshu books table », c’est-à-dire les étals des magasins spécialement dédiés aux livres censurés par le gouvernement, et placés dans l'arrière-boutique des librairies, principalement des ouvrages traitant de scandales politiques, économiques ou sexuels. Une mesure qui s'accompagne avec la mainmise du gouvernement sur trois des plus grandes chaînes de librairies locales (Joint Publishing, Commercial Publishing  et Chung Hwa Books), et plusieurs médias comme les journaux Ta Kung Pao et Wen Hui Pao, placés sous le contrôle du Bureau de Liaison de Pékin.

 

Le versant américain du PEN a décidé de dénoncer cette censure chinoise de plus en plus oppressante. Pour ce faire, des écrivains et journalistes ont décidé de s’adresser directement au président de la République populaire de Chine dans une lettre. Datée du 18 septembre dernier, la correspondance pointe du doigt « au moins 47 écrivains et journalistes actuellement emprisonnés en Chine ».

 

La quarantaine de signataires, au nombre desquels Neil Gaiman, Jennifer Egan, Jonathan Franzen ou encore Art Spiegelman, utilisent quatre exemples à l’appui. « Ilham Tohti, un érudit et blogueur ouïghour, a été condamné le 23 septembre, 2014 à la prison à vie pour avoir exprimé ses opinions en ligne sur le traitement des Ouïghours », précise notamment la lettre. De même, ils dénoncent l'emprisonnement de l’ancien président du Centre chinois indépendant, versant chinois du PEN, Liu Xiaobo : « un critique littéraire, écrivain, professeur et militant des droits de l’Homme, qui a été condamné à 11 ans de prison et deux ans de privation de ses droits civiques, le 25 décembre 2009, pour avoir appelé à des réformes politiques ».

 

Après avoir expliqué en quoi la liberté d'expression est fondamentale dans un pays, la lettre se termine par les doléances : « À cette fin, Monsieur le Président, nous vous exhortons de libérer les journalistes et écrivains chinois qui dépérissent en prison pour le seul crime d’avoir exprimé leurs opinions, et de prendre des mesures immédiates pour défendre et protéger les droits de tous les citoyens chinois de communiquer et d’avoir accès à l’information librement ». La correspondance est disponible en entier sur le site du PEN.