Des auteurs dénoncent une filiale numérique de Random House

Antoine Oury - 07.03.2013

Edition - International - Random House - Penguin - SFWA


En novembre dernier, Random House annonçait la création de trois filiales, toutes orientées numériques et destinées à négocier de la meilleure manière possible la transition vers un nouveau modèle économique. Mais le puissant syndicat Science Fiction & Fantasy Writer of America (SFWA) a rendu un avis négatif sur Hydra, la maison consacrée aux publications SF, qui ne suit pas les standards en vigueur dans le monde de l'édition.

 


Don't Even Think About It

chicagogeek, CC BY-ND 2.0

 

 

Un sévère désaveu, pour une maison d'édition historique et prestigieuse qui tentait de se faire au numérique : Hydra, la filiale de Random House mise en cause, se présentait en effet comme le moyen d'investir plus facilement l'édition numérique. « Le SFWA a déterminé que les oeuvres publiées par Hydra, la filiale numérique de Random House, ne peuvent être considérées comme valides pour une adhésion au SFWA », peut-on lire dans un communiqué publié sur le site de l'organisation.

 

En effet, celle-ci requiert quelques critères bien précis auprès de l'auteur qui souhaiterait intégrer le SFWA : une nouvelle commercialisée est le minimum, et la publication et l'exploitation d'un roman, dans un cadre bien défini, s'avère indispensable pour une adhésion à part entière. Et ce cadre, justement, pose problème au sein de la filiale Hydra : 

Hydra ne verse pas d'avance contre royalties, comme le SFWA le réclame, et propose des clauses contractuelles onéreuses et déraisonnables. Les contrats d'Hydra exigent également un paiement de la part de l'auteur, sous la forme d'une déduction de ses royalties, des frais qui sont habituellement imputés à l'éditeur.

En un mot, des conditions contractuelles tout à fait inhabituelles lorsque l'on évoque un acteur historique comme Random House, qui représentera 25 à 30 % de la production de livres en langue anglaise après sa fusion avec Penguin. Et, clairement, la SFWA désapprouve les pratiques « inacceptables » que l'éditeur entend imposer à la production numérique, en terminant : « Les contrats de chez Hydra couvrent également toute la vie du copyright, et incluent les droits d'auteur ainsi que les droits voisins. »

 

Un reproche de taille, adressé à une toute jeune filiale, et qui vient d'un organe de représentation des auteurs particulièrement influents : l'édition traditionnelle apparaît ici en décalage non seulement avec les standards, mais également avec les pratiques de l'édition numérique. Après la publication d'un tel avis, nul doute que les auteurs en quête d'une publication se détourneront de la filiale pour lui préférer un service d'autoédition.

 

Une visibilité moins évidente, peut-être, mais l'assurance d'un contrat équitable... Pour le moment, les autres filiales de Random House sont toujours considérées comme des marchés valides par le SFWA.