Des auteurs invités en week-end dans un ranch de luxe avec Jeff Bezos

Nicolas Gary - 22.09.2014

Edition - International - Jeff Bezos - ranch auteurs - luxe rencontre


Alors que les puissants best-sellers poursuivent leur vendetta contre Jeff Bezos et sa satanique société qui refuse de baisser les armes dans son conflit avec Hachette Book Group, d'autres auteurs se la coulent plutôt douce. Très douce. Toujours soucieux de bien traiter les écrivains qui ne l'agacent pas, Bezos a loué un ranch avec Spa, dans lequel il a rassemblé quelques proches, pour un week-end littéraire...

 

 

Le Bishop's Lodge Ranch Resort and Spa

 

 

Chaque automne, Bezos sort sa carte de crédit, et invite une dizaine de romanciers de renom. Sauf que, ce qui se passe là-bas, reste là-bas – exception faite des cadeaux et des agréables souvenirs. Le New York Times raconte l'une des ces excursions, en compagnie de l'homme qui vend la moitié des livres des États-Unis.  

 

Or, dans le contexte de rivalité où se trouve la firme, et l'âpreté des discussions avec Amazon, tout cela est un peu compliqué. Certains des participants au Campfire de Bezos, auraient même soutenu ouvertement Hachette dans ce conflit. James Patterson, qui compte parmi les frondeurs anti-Amazon, était aussi des invités l'année passée. Invitation non reconduite cette année, mais qui lui a laissé un souvenir « formidable ».

 

Figurer dans la liste des invités alors que l'on brandit les armes, « je me serais senti étrange », estime Patterson. Même pour un petit massage en plein air, ou quelques heures de chevauchée dans les hauteurs ?

 

Hugh Howey, petit prodige de la science-fiction, figurait également dans les précédentes listes de ces rares convives. « J'ai demandé de ne pas être invité à revenir cette année. Parce que je veux être en mesure de parler librement et qu'il n'y ait aucun qui pro quo », assure-t-il. D'autant plus honorable qu'il compte parmi les fervents défenseurs d'Amazon. 

 

Mais si les cartons d'invitations sont rares, les auteurs gardent un certain silence autour de cette rencontre. On n'y fait pas signer des accords de non-divulgation, bien entendu, mais les participants tiennent leur langue d'eux-mêmes. Et même les grands adeptes de Twitter et Facebook savent garder leurs réseaux sociaux cois.

 

Et internet n'est pas beaucoup plus bavard : cette réunion tout aussi fastueuse que secrète suscite bien évidemment l'intérêt, et pique la curiosité. À Santa Fé, dans un grand recueillement, au milieu de la nature, aucune plume ne crisse, aucun gazouillis numérique ne se fait entendre. La première règle du Fight Club est bien connue, mais celle du club de Bezos est scrupuleusement respectée.

 

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