Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Des avocats trop bavards livrent l'identité secrète de Rowling

Antoine Oury - 19.07.2013

Edition - Les maisons - J.K. Rowling - L'appel du coucou - avocats


L'auteure aurait préféré conserver son identité secrète : une fois Robert Galbraith démasqué, J.K. Rowling avait immédiatement fait part de sa déception, à l'idée de quitter le masque du militaire retraité venu au polar. Et révèle désormais la façon dont la véritable identité de l'auteur de L'appel du coucou a été découverte.

 

 

J. K Rowling

Plaque commémorative sur un immeuble d'Edimbourg (gnomonic, CC BY 2.0)

 

 

C'est bien de Twitter que la fuite s'est répandue et a enflé jusqu'à atteindre des proportions mondiales : le journal The Sunday Times a repéré un message annonçant que l'auteur de L'Appel du coucou ne s'appelait pas Galbraith, mais Rowling. Le compte, aujourd'hui supprimé, appartenait à l'épouse du meilleur ami d'un avocat du cabinet Russels, et ce dernier a partagé avec elle cette croustillante anecdote.

 

« Aujourd'hui, j'ai découvert la façon dont la fuite sur la véritable identité de Robert s'est produite. Seul un petit nombre de personnes connaissait mon pseudonyme et il n'a pas été très agréable de me demander pendant des jours comment une femme dont je n'avais pas entendu parler avant dimanche soir a pu découvrir quelque chose que beaucoup de mes plus vieux amis ne savaient pas », a déploré Rowling.

 

« Dire que je suis déçu est en dessous de la réalité, je pensais pouvoir compter sur toute la confidentialité de la part de Russels, un cabinet réputé et professionnel, et je suis très en colère de constater que ma confiance était mal placée » : difficile d'imaginer plus mauvaise publicité pour Russels Solicitors, qui s'est fendu d'un communiqué pour mettre les choses au clair, dévoilant les circonstances et le responsable de la fuite.

Même s'il assume ses propres responsabilités, la confidence a été faite à quelqu'un à qui il faisait pleinement confiance. Dès que nous avons été au courant, nous avons prévenu l'agent de J.K.Rowling. Nous confirmons que cette fuite ne faisait pas partie d'un plan marketing, et que ni J.K. Rowling, ni son agent, ni son éditeur ne sont impliqués.

 

Une mise au point nécessaire : depuis la révélation, on s'arrache le livre. Le roman s'était vendu à 1500 exemplaires avant la fuite, les nouveaux tirages culminent à plus de 150.000 ex... Mais, le temps qu'ils investissent les librairies, la version numérique de l'ouvrage pourrait en contenter plus d'un. 

 

« Les lecteurs qui ne peuvent pas l'obtenir en papier vont courir l'acheter en numérique. Le temps que les livres arrivent, dans plus d'une semaine, les gens l'auront lu sur un quelconque appareil. Je suis vraiment très soucieuse » explique une libraire de l'Arizona. Dans le cas de ces succès aussi incontrôlés qu'inattendus, l'ebook a indéniablement une longueur d'avance...

 

Entre temps, la firme d'avocats a présenté officiellement des excuses à la romancière. Le cabinet Rusells, dans un communiqué indiquait que l'un de ses partenaires, Chris Gossage, était bien responsable de cette fuite. Et que toute la société tenait à offrir ses excuses à la romancière.