Des contradictions au renouveau : l'édition italienne respire et s'exporte

Nicolas Gary - 17.10.2019

Edition - Economie - marché livre Italie - éditeurs Italie commerce - industrie livre Italie


FBM19 – L’Italie fait rêver, et ses livres plus encore, si l’on se fie aux données communiquées à l’occasion de la Foire du livre de Francfort. L’association des éditeurs indique une croissance du chiffre d’affaires sur les huit premiers mois de 2019, avec + 5 %. Et dans le même temps, se félicite de l’exportation en hausse de ses ouvrages. 

Ambiance salon du livre de Turin
ActuaLitté, CC BY SA 2.0 (foire du livre de Turin, photo d'illustration)


Avec 252 éditeurs italiens représentés sur l’espace de l’Italie, le président de l’Associazione italiana editori (AIE) se réjouit : les chiffres de vente à l’étranger affichent de jolies teintes vertes, comme une sortie du trou noir. Avec une croissance de 9 % des droits de traduction vendus à l’étranger en 2018, l’industrie reprend des couleurs. 

« Des résultats extraordinaires que nous pensons toutefois pouvoir améliorer. Et l’AIE est fermement résolue à faire prendre conscience de l’importance du livre et des traductions plus généralement, dans le cadre de la promotion de la culture italienne à l’extérieur », indique Ricardo Franco Levi, le président.

Pièce maîtresse dans l’échiquier éditorial, la Buchmesse de Francfort apporte une occasion supplémentaire de rencontrer les confrères internationaux, et poursuivre le travail de communication. Et pour la vente de droits, la fiction représente 60 % des exportations pour l’édition du Bel Paese.
 

Se réjouir, certes, mais des luttes encore à porter


Côté Italie, les données sont claires : 5 % de mieux pour le chiffre d’affaires, 4 % de plus pour les ventes en volume. De quoi soulager les consciences, quand le marché s’est effondré ces dernières années : de 3,2 milliards € en 2011, il était passé à 2,7 milliards € en 2014. En 2018, les indicateurs sont presque revenus aux valeurs enregistrées sept ans plus tôt.
 
Autre élément de comparaison intéressant : en 2011, les librairies indépendantes qui pesaient 35 % du chiffre d’affaires avaient pour concurrent les chaînes, avec 40 %, et la grande distribution à 16 %. Les ventes en ligne, elles, plafonnaient à 9 %. Aujourd’hui, le paysage est bouleversé : les chaînes ont accaparé 45 % du marché, quand la grande distribution se ramasse à 7 %, et les librairies indépendantes ont perdu 11 points. 

Reste que le pays est encore pris dans une spirale où la lecture est délaissée : si 87 % des moins de 18 ans sont des lecteurs, contre 62 % de la population moyenne, « c’est une lecture de plus en plus fragmentée, éphémère, occasionnelle, d’année en année », précise le président. Moins de 5 % des jeunes assuraient lire plus d’une heure par jour, voilà deux ans : un chiffre qui est tombé à 1 % cette année.

« Je ne cesse de répéter que la lecture est une véritable urgence nationale, dans laquelle il nous faut investir des ressources importantes. Non pas pour soutenir un secteur industriel, mais pour l’avenir du pays », poursuivait le président de l’AIE. 

Certes, la croissance de 4,5 % entre 2018 et 2017 apporte un peu plus de confiance, mais les combats ne manquent pas. D’ailleurs, qu’en est-il de la loi qui doit introduire un prix unique en Italie, et que l’association des éditeurs combat si vertement ? Pas un mot dans le discours du président à ce sujet : Francfort est plus propice aux congratulations…





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