Des ebooks en service de presse aux journalistes ? Une politique trop rigide

Clément Solym - 01.02.2010

Edition - Société - ebooks - journalistes - politique


C'est en préparant les petites surprises que nous vous réservons pour le 14 février (oui, oui, c'est ça... c'est la Saint Valentin...) que nous avons pu apprendre combien le numérique pose des difficultés en interne dans les maisons d'édition.

Chroniquer un ebook, pourquoi pas ?

Ayant contacté un gros (très gros) éditeur indépendant, pour quelques propositions malhonnêtes, nous avons également évoqué la question des services de presse. Quoi qu'est-ce ? Très simple : les journalistes reçoivent des ouvrages pour alimenter leurs chroniques (plus ou moins sérieusement suivies - mais certains de nos confrères reçoivent vraiment des tonnes de livres chaque jour), envoyés directement par les maisons d'édition.


Avec certaines d'entre elles, nous avons passé des accords pour nous simplifier la vie : elles nous envoient, quand cela est possible, des versions ePub, ou PDF à défaut. C'est pratique, cela limite les frais pour les petites maisons et nous permet de recevoir rapidement les ouvrages. Du tout bon, en somme. Eh bien pas pour tout le monde.

Ben en fait, non, impossible... ou presque

Chez cet important éditeur, donc la consigne est drastique : « Je n'ai pas le droit d'envoyer de versions numériques des livres, pour qu'elles ne se retrouvent pas dans le cyberespace », nous avoue simplement l'attachée de presse. En creusant un peu, il s'avère que pour certains, l'angoisse est vraiment grande que de voir les oeuvres piratées, partagées abusivement et que finalement, la maison d'édition n'a pas la main sur ses ebooks. Et même avec des verrous numériques anti-copie, impossible de se faire envoyer ces ebooks...

Et il est alors plus simple de faire parvenir, de manière coûteuse, un livre papier plutôt que d'envoyer par email un fichier ePub. Simplement parce que d'une part, rien n'a été fait pour le proposer à la presse et que les seuls fichiers disponibles sont sur les plateformes de vente - et pas sur Numilog pour vous orienter dans votre quête de la maison en question...

Les petites maisons plus réactives ?

Plutôt sidérante, et assez difficile à comprendre, comme réponse, non ? Parce que dès lors que l'on s'adresse à de petits éditeurs, cela ne coince absolument pas. J'en profite pour faire un gros bisou à vous, mesdemoiselles, qui n'avez jamais fait de chichi pour nous envoyer un PDF - même avec des hirondelles...

Reste que la question se pose : envoyer un ouvrage coûte le livre, le timbre, l'enveloppe (dans le cas où l'on ne passe pas par un service de coursier), et le temps de l'envoyer. Un fichier PDF, c'est un email. Le calcul devrait être rapidement fait, non ? Étonnant que l'arrivée du numérique ne fasse pas prendre en compte ces solutions. Pourtant, chez Volumen, les représentants sont équipés d'un Opus de chez Bookeen, pour leur faciliter la vie, via ePagine...

Reste que chez d'autres, qui travaillent avec Numilog, la question se pose. Mais là, d'autres problèmes surgissent. Celui des DRM notamment. Difficile de faire confiance aux journalistes, de peur du piratage, encore une fois...