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Des écrivains au pied de la Trump Tower pour une contre-investiture

Antoine Oury - 18.01.2017

Edition - Société - auteurs Trump - écrivains Trump - Trump liberté expression


Pas encore investi dans son rôle de président, Donald Trump essuie déjà un lot de critiques bien supérieures à celles qu'un homme d'État assume d'ordinaire. Il faut dire que les polémiques se sont déjà enflammées, qu'il s'agisse des relations avec la Russie ou de ses déclarations à l'emporte-pièce sur Twitter. Des écrivains américains ont organisé près d'une centaine de rassemblements à travers le pays, dimanche dernier, pour rappeler leur attachement à la liberté d'expression.

 

Amy Goodman devant la New York Public Library (© Terrence Jennings, via PEN America)

 

 

Le rendez-vous était fixé ce 15 janvier, jour de la naissance de Marthin Luther King, dans près d'une centaine de villes des États-Unis dont Los Angeles, Oakland, Austin, Portland, Minneapolis, Cleveland et Seattle. Des événements étaient également organisés, le même jour, à Londres, Zurich et Hong Kong. À New York, où le rassemblement fut le plus important, la délégation d'auteurs, soutenue par l'organisation de défense de la liberté d'expression PEN America, a effectué un parcours qui a commencé devant la New York Public Library pour la mener au pied de la Trump Tower.

 

Ils étaient plus de 2000 ce dimanche à New York, dont Rita Dove, Robert Pinsky, Art Spiegelman ou encore Jacqueline Woodson, rapporte Publishers Weekly. « En quelques mois, les libertés qui étaient considérées comme acquises ont été remises en question par un homme qui sera bientôt le chef d'État le plus puissant du monde », a souligné Suzanne Nossel, directrice exécutive de PEN America. « PEN America mobilise les écrivains et les artistes pour que notre voix porte celle des milliers d'Américains qui résiste — contre les mensonges, les discours de haine et les attaques de l'intérieur et de l'extérieur contre notre démocratie. »

 

 

 

À quelques jours de l'investiture de Donald Trump comme 45e président des États-Unis, les polémiques se succèdent, la plus grave concernant sans doute les ingérences de la Russie dans le déroulement des campagnes présidentielles. Mais Donald Trump s'est également illustré en critiquant violemment le député John Lewis, le 14 janvier dernier, avec des arguments jugés plutôt faibles.

 

Avec Andrew Solomon, le président de PEN America, Suzanne Nossel a ensuite guidé le cortège jusqu'à la Trump Tower, où les manifestants ont été dispersés par la police. Une pétition, rassemblant 150.000 signatures, sera remise à l'équipe du président Trump.

 

« Comme Mao ou Staline, qui s'en sont pris aux intellectuels, à ces mots qui pouvaient aller contre eux, Trump s'en est pris à nous », a déclaré Andrew Solomon. Des récits et des poèmes ont également été lus au cours de la manifestation, qui a duré plusieurs heures à New York.

 

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« J'ai été consterné par le nombre d'incidents haineux, racistes, transphobes, sexistes, ou qui tendaient à normaliser les agressions sexuelles », a souligné le poète Ching-In Chen, organisateur de l'événement à Houston, auprès de NBC News. L'objectif de ces rassemblements était aussi de rassembler des individus de plusieurs communautés, qu'ils soient Latinos, Afro-Américains, WASP, homosexuels ou hétérosexuels...