Des écrivains de science-fiction dénoncent les pratiques d'une maison hongroise

Julien Helmlinger - 04.10.2016

Edition - Justice - Ann Leckie Galaktika - science-fiction fantasy - copyright magazine


L’écrivaine de space opera Ann Leckie fulmine contre le magazine hongrois Galaktik. L’Américaine reproche à ce dernier de republier des textes sans l’autorisation de leurs ayants droit ou de leurs auteurs, au rang desquels elle se retrouve avec entre autres Terry Pratchett, Robert A Einlein, ou George RR Martin. Elle n’est pas la seule a dénoncer des pratiques d’édition douteuses. 

 

 

 

Un premier magazine hongrois a existé sous le nom Galaktika entre 1972 et 1995, avant que celui auquel nous nous intéressons ne soit lancé, en 2004. Le nouveau propriétaire, Metropolis Media, ayant changé de mise en page et de structure éditoriale, semble né à son numéro 176 sans être un véritable clone.

 

Ayant pour sa part constaté qu’une de ses histoires courtes avait été publiée sans son consentement par le magazine hongrois, Ann Leckie a réagi sur son site ce 28 septembre, mitigée. Elle explique avoir d’abord « hésité à faire du bruit », par crainte que si Galaktika disparaissait les lecteurs hongrois pourraient en pâtir. Finalement, mais elle estime que « quand on regarde de plus près, on commence à voir combien la situation est désastreuse ». Car l’écrivaine n’est pas la première à se plaindre de Metropolis Media, qui outre son magazine publie également des livres.

 

L’auteur A.G Carpenter et le journaliste Pintér Bence ont également mené leurs enquêtes, la Science-Fiction Writers Association dissuadant désormais les écrivains de s’associer à la publication hongroise. En mars 2016, le reporter a constaté que ces deux dernières années Galaktika a publié bon nombre de traductions hongroises sans informer leurs ayants droit, mentionnant des histoires courtes auparavant publiées en ligne ou en recueils. 

 

Le magazine Mandiner a approfondi l’investigation, remontant jusqu’en 2004. Ses résultats indiquent que la pratique déloyale se serait reproduite « au moins une fois par an » sur la période globale. Certains auteurs ont effectivement accordé leurs permissions avant publication, mais pas tous. Un auteur s’est vu refuser toute rétribution au motif que son texte avait été publié il y a plus de 5 ans, tout en se faisant proposer un contrat pour son prochain récit, payé 30 dollars au lieu d’entre 10 et 20. 

 

Des tarifs peu gratifiants. Istvan Burger, qui détient la maison d’édition hongroise, soutient qu’il n’a pas les moyens de payer autant « pour des nouvelles à 10 dollars que pour des romans à 1000 dollars ». Il voit son magazine comme un moyen pour les auteurs étrangers de se faire un nom sur son marché. 

 

Peu convaincue par les arguments de Metropolis Media, Ann Leckie insiste sur le fait qu’il ne faudrait pas que les éditeurs en viennent à prendre les histoires courtes pour de simples outils publicitaires, en vue de promouvoir leurs longs formats qui seuls seraient correctement rétribués.

 

(via MandinerSFWATheGuardian)