Des employés d'Amazon poursuivent leur agence d'intérim en justice

Julien Helmlinger - 13.05.2013

Edition - International - Amazon - Integrity Staffing Solutions - Condition de travail


Voilà une dizaine de jours que le bruit court, que les employés d'Amazon Allemagne menacent de faire grêve, des suites des refus d'une augmentation de leurs salaires ainsi que d'une revalorisation de leurs primes de travail nocturne. Outre-Atlantique, ce sont les intérimaires d'une agence d'emploi temporaire américaine partenaire, Integrity Staffing Solutions, qui poursuivent l'intermédiaire ISS en justice, mettant en cause l'intégrité de l'employeur. Sont invoqués les motifs de pertes de salaires et autre mauvais paiement de leur temps de travail.

 

 

Parmi les employés interrogés par le Huffington Post, Jesse Busk dénonçait notamment les pertes de temps liées quotidiennement au passage des divers barrages de sécurité, au sein de l'entrepôt dans lequel il exerce, dans le Nevada. Du temps perdu, à raison de 25 minutes quotidiennes, qui n'est pas compté sur ses heures de travail rémunérées. Or, on admet généralement que le temps, c'est de l'argent.

 

Si la firme américaine met un point d'honneur à contrôler ses employés de la sorte, c'est afin d'éviter tout risque de chapardage au sein de ses entrepôts. En plus de constituer une perte de temps pour les employés, une telle surveillance peut paraître dégradante, bien que cela ne soit pas le préjudice actuellement pointé par le personnel en colère.

 

Depuis des années, l'agence d'intérim fournit des employés, en grand nombre et surtout en périodes de fêtes, au géant américain de la vente en ligne. Le recours collectif a été déposé initialement en 2011, avant de se voir rejeté par la Cour du Nevada. Ce n'est finalement que lors du dernier mois écoulé que le jury de la Cour d'appel fédérale a redonné son souffle à l'affaire.

 

Comme l'admet l'avocat Mark Thierman, en charge de défendre Integrity Staffing Solutions, cette configuration ne se limite pas au seul Etat du Nevada, mais bel et bien à tout le pays.

 

Du côté allemand, lundi dernier, 98 % des employés de l'entrepôt de Bad Hersfeld se seraient déclarés en faveur de la grève désormais imminente selon Reuters. Ils s'ajoutent à ceux de Leipzig dont la majorité a également opté pour le mouvement de protestation. Parmi les revendications, l'élaboration d'un accord collectif sur les conditions d'emploi, afin de mettre Amazon au diapason avec les autres entreprises de vente au détail à travers le pays.