Des études longues pour accéder au chômage…

Clément Solym - 30.07.2010

Edition - Société - chômage - bac - thèse


Est-il véritablement judicieux de pousser ses études jusqu’à l’obtention d’un doctorat en France ? La question mérite d’être posée au regard des chiffres du chômage concernant cette tranche spécifique de la population étudiante.

En effet, sur le marché du travail, il est très difficile de trouver à se faire embaucher dans le privé avec un tel niveau d’études. Bien sûr, cela dépend également de la branche choisie… Mais la France se distingue tout de même particulièrement par rapport aux autres pays sur ce point.

En effet, le taux de chômage des titulaires d’une thèse est trois fois plus élevé en France que dans les autres pays de l’OCDE… Et le problème n’est pas à remettre sur le compte d’un surnombre de diplômés, la France ne s’illustre pas particulièrement sur ce point par rapport à ses voisins. En 2007, on comptait ainsi 11 000 nouveaux titulaires d’une thèse.


Selon l’étude du Centre d’analyse stratégique (CAS), cette situation serait à mettre sur le compte du faible développement, dans l’hexagone, de la recherche au sein du secteur privé. Les étudiants, formés dans les universités sont, une fois leur doctorat en poche, de plus en plus mal reçus par le privé.

Quand, trois ans après l’obtention de leur thèse, les docteurs se retrouvent au chômage pour 10 % d’entre eux, ceux qui viennent d’une école d’ingénieur ne sont que 4 % et, à niveau master, on reste sur du 7 %. Une inflation illégitime du chômage des plus hauts diplômés se fait nettement sentir depuis le début de cette décennie.

Ce qui apparaît très nettement en France, c’est une discrimination à l’embauche. Les recruteurs, même pour des postes de chercheurs, privilégient des candidats formés en dehors des universités. Une scission de plus en plus préoccupante s’établit donc entre les facs et le secteur privé.