Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Des 'Horrible Histories' à ne pas utiliser dans un cadre scolaire

Clément Solym - 12.04.2012

Edition - International - Terry Deary - Horrible Histories - école


Dans un entretien à l'Evening Standard, Terry Deary, auteur de la série des Horrible Histories (Quelle Histoire, dans son adaptation française), déclare souhaiter que les professeurs ne recommandent pas son livre à l'école, et que les enfants les découvrent par leurs propres moyens.

 

Cruel Kings and Mean Queens, Wicked Words, Rotten Rulers, ou encore Vile Villains... L'Histoire à la manière de Terry Deary porte des noms qu'on reconnaîtrait entre mille. Le célèbre auteur publie ses livres d'histoires chez Scholastic, et entend plaire à son jeune public en focalisant son attention sur des éléments inhabituels du passé. La série comporte aujourd'hui une soixantaine de titres, et a été vendue à 25 millions d'exemplaires, dans trente langues différentes. Les Horrible Histories ont par ailleurs fait l'objet d'une adaptation en une pièce de théâtre.

 

Ces livres, qui prennent la discipline à contre-courant, ne devraient pas être utilisés en classe, selon l'auteur, parce que les enfants doivent pouvoir les lire par eux-mêmes. Il déplore même ne pas pouvoir traîner en justice les écoles concernées.

 

« Les standards sont arbitraires »

 

Il souhaite avant tout rétablir une vérité. Les enfants lisent et écrivent, contrairement à ce que les inspecteurs peuvent affirmer. « Les parents viennent me voir (...) pour me remercier d'avoir écrit ces livres. Ils disent "Mon enfant n'avait jamais lu de livres avant de tomber sur les vôtres" ». Selon Deary, l'école n'encouragerait pas les enfants à débattre et se faire leur propre opinion. « Je tremble à l'idée que mes livres sont utilisés dans ces puits de misère d'ignorance », confie-t-il à l'Evening Standard.

 

Il dénonce le ton employé par l'Ofsted, organe public d'inspection des écoles quand il estime que les enfants apprennent moins bien. « L'Ofstapo dit que les enfants sont illettrés, parce qu'ils ne correspondent pas à des standards - mais quels standards ? Un pantin à Whitehall (où siège le gouvernement britannique, ndlr) estime qu'ils n'arrivent pas à écrire. Mais les standards sont arbitraires. (...) Les inspecteurs de l'Ofsted sont les personnes les plus ignorantes que vous puissiez rencontrer. Ils sont juste des enseignants ratés. Leur boulot consiste à rentrer et remarquer les erreurs des gens ».

 

Pas de panique, donc, les enfants lisent et produisent du texte plus que jamais. « Les enfants n'ont jamais autant su lire et écrire. Ils sont toujours sur Facebook, et écrivent des textos. Une jeune fille de 15 ans m'a dit qu'elle avait atteint sa limite mensuelle de textos - elle en avait envoyé 10.000. Elle accomplit la plus importante activité humaine, communiquer avec les autres, et cela est condamné », affirme-t-il.

 

L'école, sinon où ?

 

Alison Flood, du Guardian, n'en croit pas ses yeux. S'appuyant sur une étude du National Literacy Trust décrivant qu'un enfant sur quatre au Royaume-Uni ne posséderait pas de livres, elle se demande où ces enfants peuvent-ils bien se procurer de la lecture, et surtout développer le goût de lire.

 

« Où, à part à l'école, vont-ils découvrir l'amour de la lecture, surtout quand les bibliothèques sont livrées aux loups ? (...) L'école ne devrait pas servir à forcer les enfants à lire, comme le sous-entend Deary. Cela devrait servir à leur apprendre à aimer lire, et leur présenter les nombreux mondes de la littérature. Quel mal y a-t-il à cela ? ».

 

 

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