Des idées en commun ? Sherrilyn Kenyon attaque Cassandra Clare pour plagiat

Clément Solym - 15.02.2016

Edition - Justice - Cassandra Clare - Sherrilyn Kenyon - contrefaçon romans


La guerre est déclarée entre Cassandra Clare, auteur Young Adult, et Sherrilyn Kenyon. Cette dernière a intenté un procès contre la romancière, l’accusant d’avoir volontairement copié ses livres. Déposée la semaine passée, la plainte affirme que la comparaison entre les ouvrages Dark-Hunter et la série Shadowhunter fait apparaître une contrefaçon flagrante. 

 

Cassandra Clare

Gage Skidmore, CC BY SA 2.0

 

 

Cela va virer à la guerre des clans : Kenyon est remontée comme un coucou suisse. Dans sa plainte, elle jure que « dans les textes The Mortal Instruments et la série Shadowhunters [Clare] en toute connaissance de cause et délibérément a copié la série Dark-Hunter, ainsi que les éléments originaux pour créer une œuvre ou des ouvrages sensiblement proches et dérivés de la série Dark-Hunter ». 

 

Dans un premier temps, et passée la stupéfaction, l’avocat de Claire, John Cahill fait part de toute la déception de sa cliente, devant « une poursuite sans fondement, une décennie après le début des livres de Cassandra ». 

 

Or, note-t-il, pas un seul élément de contrefaçon réellement authentifié n’est présenté dans la plainte. « Il y a peu de chances que quiconque confonde les jeunes Young Adult de Cassie et son univers, avec des histoires parfois très adultes des ouvrages de Mme Kenyon. En effet, nous nous attendons à ce que toutes ses allégations soient rejetées. »

 

La messe serait dite, à n’écouter que les dires de l’avocat. Or, Kenyon est remontée, disions-nous. Elle demande en effet des dommages-intérêts pour les livres, mais également que l’on cesse de faire paraître les ouvrages. Et contrairement aux réfutations de l’avocat, elle met en avant des similitudes, à même de prouver ses propos.

 

Ainsi, on parle de guerriers qui protègent le monde de démons, qui serait une thématique commune à tous. De même le fait que des épées enchantées, forgées par des divinités et imprégnées par des esprits surnaturels, serait un autre élément marquant. Mais pour l’avocat, tout cela relève d’une incompréhension de ce que peut être la protection du droit d’auteur, et par-dessus tout, le travail de Cassandra. 

 

« La loi ne protège pas les idées ni les mythes, elle ne protège que l’expression de ces idées. Par exemple, Mme Kenyon se plaint de ce que Cassie a volé son idée d’utiliser des objets normaux, animés de propriétés magiques... » Des choses que l’on retrouve un peu partout, depuis tout temps, d’ailleurs, dans la littérature.

 

Les similitudes évoquées sont apparues dans les œuvres de Cassandra Clare, bien avant que la plaignante ne cherche à faire valoir ses droits. Les juges vont s’amuser... (via Guardian)

 

En France, Sherrilyn Kenyon est publiée chez J’ai lu avec La prophétie des songes (traduction par Dany Osborne) et Cassandra Clare est chez Pocket, traduite par Julie Lafon et Aurore Alcayde, pour La cité du feu sacré.