Des lettres jamais publiées de Mary Shelley découvertes... sur Internet

Antoine Oury - 09.01.2014

Edition - International - Mary Shelley - correspondance - Essex Record Office


Perdre du temps sur le Web peut permettre de tomber sur des merveilles : bon, on ne soupçonnera pas Nora Crook, professeure émérite de l'université Anglia Ruskin, de naviguer de photos de chats en vidéos virales, mais c'est bien par hasard qu'elle a fait une importante découverte. 13 lettres de Mary Shelley, disponibles sur le registre du bureau du comté d'Essex.

 

 

Mary Shelley's Grave, St Peter's Church, Bournemouth, Dorset, England

Tombe de Mary Shelley, dans le Dorset en Angleterre (Jim Linwood, CC BY 2.0)

 

 

Ce sont donc 13 lettres, répertoriées dans le catalogue du registre du comté d'Essex, sous le titre pourtant explicite « Letter from Mary Wollstonecraft Shelley ». « J'ai pensé : "Qu'est-ce que c'est que ça ?" J'ai su avant même de cliquer qu'elles n'avaient jamais été publiées auparavant », explique Nora Crook.

 

Rédigées et envoyées entre 1831 et 1849, les lettres portent principalement sur la famille de Shelley, et les dernières missives sont marquées par une écriture tremblotante, tandis que l'auteure s'excuse à plusieurs reprises pour sa mémoire défaillante et sa faiblesse physique. Il faut dire que Shelley, en 1849, a développé une tumeur au cerveau qui ne lui laissera alors que deux années à vivre.

 

La plupart des missives sont adressées à Horace Smith et sa fille Eliza : Smith était un courtier, bon ami de Percy Bysshe Shelley, le mari de Mary Shelley, poète décédé en 1822. Une chance que les lettres aient survécu à l'habitude de Smith de détruire sa correspondance... Dans les missives, Mary Shelley se montre particulièrement fière de son fils, Percy.

 

« Il devient tout ce que nous pouvions espérer, il devient très libéral, il a du caractère et du talent, même s'il reste très timide, si bien que j'ai beaucoup d'espoir pour son bonheur futur », écrit l'auteure. Elle reste simplement plus réservée quant à sa taille : « Je suis mortifiée qu'il ne soit pas plus grand. » Les préoccupations de géniteurs... Une bizarrerie a retenu l'attention de Nora Crook, toutefois : « Elle ne mentionne pas Frankenstein dans les lettres, alors que certaines datent de 1831, l'année où Frankenstein a été republié. »

 

Séparer travail et sentiments, probablement.

 

(The Guardian)