Des librairies Amazon dans les rues de Seattle, la rumeur enfle

Clément Solym - 07.02.2012

Edition - Librairies - Amazon - magasin - Seattle


Jusqu'à présent, les seules percées d'Amazon dans le monde réel consistaient à implanter un centre logistique par ci, ouvrir un siège social par là. Mais les boutiques, jamais de la vie. Ou bien, si, mais pour alimenter les rumeurs gossip de la presse high-tech. Sauf que depuis deux jours maintenant, la rumeur prend du volume...

 

Ouvrir des magasins Amazon... hier l'idée prêtait à sourire. Demain, elle pourrait avoir quelque chose de plus sérieux. Après tout, pour Apple, ces ouvertures de magasins représentent quelque 10 milliards de CA pour un total de 65 milliards $. Alors pourquoi pas ? 

 

L'agence Reuters vient ainsi de conforter l'idée de cette ouverture prochaine, qui serait - le conditionnel reste de mise - prévue dans la ville de Seattle, siège de la société. Alors que la transition d'Apple vers le monde réel a dévoilé un succès véritable, comment ne pas convoiter cette place bien en vue dans les rues de la ville ? 

 

Une présence qui permettrait donc de rivaliser avec la firme de Cupertino, évidemment, mais pour l'heure, précise l'analyste Jim Friedland, du cabinet Cowen & Co, il s'agit de déterminer « si une présence physique avec un magasin de détail peut accélérer les ventes de Kindle, et suivre la courbe de consommation de contenus numériques, avec un rendement intéressant sur le capital investi ». 

 

Amazon n'a pas commenté cette possible information. Car pour l'heure, la méthode de la firme ressemble plutôt à celle du lierre qui s'attache au chêne : une forme de parasitisme commercial, basé sur des accords dont Virigin, en France, a été le dernier en date à faire les frais.

 

Amazon profite en effet de ce que d'autres ont déjà leurs boutiques bien en vue, et greffe ses produits - le Kindle, exclusivement, en fait - dans les espaces. Une méthode employée outre-Atlantique, qui permet de retrouver les lecteurs ebook de la firme à peu près dans toutes les grandes surfaces commerciales imaginables...

 

Et en parallèle, Amazon incite à faire ses listes de courses dans les boutiques physiques, tout en déclenchant des salves de remises, appuyés par le chant des sirènes remastérisé dolby surround, pour que l'achat se concrétise sur son site internet. Rusé, filou, futé... mais pas très apprécié.

 

L'ouverture d'une boutique de brique et de mortier, selon l'expression consacrée, c'est évidemment une expérience de vente que l'on ne peut pas obtenir avec l'achat en ligne. Et comme un certain nombre de libraires étasuniens ont décidé de ne pas commercialiser les livres de papier qu'Amazon va publier, ces boutiques - cette boutique, pour l'heure - serait un petit pied de nez à la concurrence. 

 

Après être passé par la fenêtre, avec sa gamme de produits Kindle, pour envahir le monde, Amazon pourrait ouvrir la grande porte, finalement. Pour mieux asseoir son hégémonie. Parce qu'en plus de l'offre de produits, peut-être se rendra-t-on compte qu'au fil des années, la marque a désormais une incidence réelle sur les consommateurs ?