Des livres anciens pas volés, mais pris sans autorisation

Clément Solym - 21.02.2012

Edition - Justice - livres rares - voler - tribunal


Jusqu'où la collectionnite de livres anciens et rares peut-elle pousser ? Au meurtre ? Possible. Au vol, en tout cas, sans aucun problème. Devant la Cour suprême de Manhattan, le juge Charles Solomon a eu affaire à un cas particulièrement intéressant de kleptomanie bibliophilique aggravée.

 

Timothy Smith est âgé de 43 ans. Et vendredi dernier, il expliquait à la cour : « J'ai pris les livres en toute bonne foi, acvec dans l'idée que j'en avais la permission. » Le juge est circonspect : « Je pense vous avoir entendu dire que vous ne les aviez pas volés, mais sous serment, vous avez dit l'avoir fait. »

 

Réponse de l'accusé, sans ambages : « Ma déclaration dit que j'ai pris les livres sans autorisation. » Et le juge accablé : « Mais c'est du vol. » 

 

 

 

La scène, rapportée par le NY Daily, serait presque cocasse, voire ubuesque, mais Timothy Smith a tout de même été condamné à une peine de 1 à 3 ans de prison, avec une injonction permanente lui interdisant de ne jamais reprendre contact avec sa victime, Susan Burden, veuve éplorée. 

 

C'est que cette dernière s'est fait dérober plusieurs livres anciens, notamment un roman signé de F. Scott Fitzgerald, d'une valeur de 50.000 $, Soldier's pay. Mais ce n'est pas tout puisque des éditions anciennes d'Hemingway, ainsi que de Faulkner. 

 

Selon la défense, Smith avait l'intention d'offrir les ouvrages dérobés à des organismes de charité, mais selon les emails échangés avec un cabinet d'avocat de, les titres étaient plutôt destinés à une vente directe pour un musée. Une transaction d'une valeur de 550.000 $. 

 

Dans un premier temps, il avait même tenté de rejeter la faute sur la veuve, assurant qu'elle lui avait demandé en personne de la débarrasser des livres. Puis c'est sur la femme de chambre qu'il a essayé de faire porter l'origine du vol, en affirmant qu'elle lui avait demandé de jeter les ouvrages à la poubelle...

 

Smith risquait tout de même une condamnation à 25 années de réclusion - mais comme il avait rendu les livres pris sans autorisation, ce qui n'était pas du vol, il aura finalement obtenu une réduction de peine.