Des livres papier trop chers freinent les achats : direction l'ebook

Clément Solym - 15.10.2014

Edition - International - livres numériques - ereader habitudes - clients éditeurs


Le prix des livres est un facteur marketing que l'on ne peut ignorer : le livre de Stéphane Hessel, proposé pour 3 euros, et contenant 32 pages, s'était écoulé à des millions d'exemplaires. Outre-Manche, une étude de la société Mintel semble indiquer que le coût d'un livre représente un frein aux achats, indiquent les consommateurs. 

 

Gifted Hero

JD Hancock, CC BY SA 2.0

 

 

Une personne sur quatre a acheté l'an passé un livre numérique, et souligne en effet que son choix a été motivé par le prix de vente. Chez les 16-24 ans, on passe à 38 % des répondants, pour qui, l'ebook étant moins cher que le poche, le choix se porte vers le numérique.

 

De plus en plus de Britanniques profitent de ce que le livre numérique représente une alternative, dans l'achat de littérature – 31 % l'affirment, alors même qu'ils préfèrent les livres imprimés. Conséquence : 23 % des acheteurs trouvent les ouvrages imprimés trop chers, contre 16 % qui pensent la même chose des ebooks.

 

Les 21 % d'Anglais qui ont acheté de la fiction en numérique ne sont cependant pas en forte croissance, seulement 1 point de plus que l'an passé. Cependant, l'augmentation est de 15 % si l'on regarde les données de 2012. 

 

Pour 2014, on devrait atteindre 340 millions £ de chiffre d'affaires pour le numérique, contre 300 millions £ en 2013. La hausse est de 12 %, certes, mais elle était de 38 % en regard de 2012. Les ventes d'imprimés, pour leur part, devraient atteindre 1,4 milliard £ pour cette année, soit 0,4 % de recul. 

 

Samuel Gee, analyste senior chez Mintel, estime que si les lecteurs ebook ont suscité l'attention des clients, leur période faste touche à sa fin. Les tablettes sont de plus en plus fonctionnelles, et présentent des avantages réels – alors que l'autonomie et la lecture au soleil ne suffiraient plus à enchanter les clients. « Cependant, notre étude montre un potentiel énorme pour le commerce [...] y compris pour les services d'abonnement. »

 

Avec 31 % des Britanniques qui disposent d'un eReader contre 21 % en 2012, le Royaume-Uni accuse une baisse de 35 % du marché en avril. En parallèle, 36 % des clients achètent livres papier et imprimés contre 42 % qui recherchent avant tout le format le moins cher. 

 

Enfin, l'étude souligne que 36 % des répondants considèrent le lecteur ebook comme un outil de vacances, alors que, le reste de l'année, ils lisent des ouvrages imprimés. « Le risque avec des consommateurs qui lisent des ebooks en vacances, c'est le possible non-retour vers le marché du print, après avoir investi dans un lecteur ebook et débuté une collection numérique », insiste Samuel Gee.

 

Une conséquence qui n'est pas négligeable, pour l'industrie. Chose plus rassurante, 86 % des sujettes de Sa Majesté ont lu un livre au cours de l'année écoulée, contre 74 % des hommes. Avec 63 % qui lisent de la fiction, contre 48 % des hommes. 

 

Globalement, 32 % des Britanniques n'ont pas acheté de livres l'an passé, simplement parce qu'ils ne sont pas intéressés par la lecture. 

 

L'étude intégrale est proposée pour 1750 £, à cette adresse.