Des livres prescrits pour lutter contre les troubles mentaux de l'adolescence

Orianne Vialo - 18.04.2016

Edition - Société - santé mentale dépression - The Reading Agency - prescriptions médicales


Lire pour lutter contre les problèmes de santé mentale, c’est le conseil adressé par les médecins britanniques aux adolescents aux prises avec des problèmes d’anxiété et de dépression. Même si la théorie n’est plus à prouver, le corps médical préfère insister sur le fait que la lecture peut être un réconfort dans les moments de solitude ou de désespoir. 

 

Karoline / CC0

 

 

Cela semble également être la conclusion du Conseil des arts britannique, qui finance une nouvelle initiative qui encouragera les médecins anglais à recommander des livres aux patients adolescents et adolescentes aux prises avec la dépression, l'anxiété et d'autres troubles de santé mentale. 

 

Administré par The Reading Agency et the Society of Chief Librarians et financée par le Conseil des Arts d’Angleterre et le Wellcome Trust — une association caritative tournée vers l’amélioration de la santé via la science, la recherche et l’engagement avec la société —, la campagne de lecture «  the Reading Well for Young People campaing »  vise les jeunes âgés de 13 à 18 ans atteints de troubles mentaux, et leur fournit une liste de lectures recommandées pour les aider à mieux affronter leur maladie. 

 

Celles-ci portent sur des questions de santé mentale, de dépression, des troubles de l'alimentation, de l’anxiété, de l’automutilation, de l'intimidation et de la pression de l’examen médical. Sélectionnés par des experts de la santé mentale, les livres représentent à la fois un mélange d'auto-assistance et de fiction, alliage qui peut être recommandé par les médecins et les infirmières scolaires. Les ouvrages sélectionnés seront mis à disposition du public dans les bibliothèques publiques.

 

Ce « régime » fait suite au lancement d'un programme de lecture similaire, mis en place en 2013 et destiné aux personnes adultes souffrant de problèmes de santé mentale et aux adultes atteints de démence. Ce projet, qui s’adresse également à leurs proches, a rencontré un franc succès.

 

Des vertus thérapeutiques avérées 

 

Dans un communiqué, The Reading Agency a déclaré que ce programme avait été suivi par près d'un demi-million de personnes au cours des deux premières années suivant sa mise en place, et que les emprunts consacrés aux 25 titres mentionnés sur la liste dédiée aux personnes souffrant de problèmes mentaux avaient augmenté de 97 %, tandis que ceux figurant sur la liste liée aux troubles de la démence avaient augmenté de 346 %.

 

Selon Gaby Clement, l’un des professionnels qui ont aidé à dresser la liste de lecture : « La fiction fonctionne mieux auprès des jeunes, car beaucoup de livres pour jeunes adultes abordent des problèmes rencontrés par ce public. Les personnages de ces ouvrages peuvent constituer de véritables alliés pour ces jeunes : ils peuvent constituer un moyen d'obtenir des conseils », sans s'adresser à une personne extérieure, ou, pire, comme souvent à cet âge, à un adulte.

 

Même si les organisateurs à l’origine de l'initiative indiquent clairement que les livres ne peuvent pas guérir les troubles de santé mentale, ils estiment que les effets thérapeutiques de la lecture peuvent aider les jeunes dans leur chemin vers la guérison. 

 

D’après des recherches menées par l'association The Reading Agency, près d'un jeune sur 10 souffrirait de troubles de santé mentale parmi ceux qui sont connus aujourd'hui, un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis une trentaine d'années. Les plus touchés seraient les adolescents âgés de 15 à 16 ans qui un rapport à l’anxiété, au stress et à la déprime plus élevé que le reste des adolescents. Selon eux, 10 à 13 % jeunes de 15-16 ans se sentent lésés à l'école ou dans le milieu familial, mais que seule une fraction de ces jeunes se rendent en milieu hospitalier. 

 

« Il y a un énorme besoin de documentation concernant la santé mentale et les conseils qui peuvent être apportés aux jeunes » explique The Reading Agency dans une interview accordée au journal The Guardian. « Les pressions contemporaines, telles que la répartition de la famille, le stress des examens scolaires, la connexion sur les réseaux sociaux toute la journée, et une augmentation de l’intimidation dans les établissements scolaires, ont de graves conséquences pour la santé mentale des jeunes » poursuivait l’association. 

 

(via The Guardian)