Des marches pour défendre le budget de la culture, dans la rue

Antoine Oury - 10.02.2014

Edition - Société - Aurélie Filippetti - Je marche pour la culture - budget ministère


La ministre de la Culture Aurélie Filippetti l'avait déjà souligné devant la Commission Finances du Sénat, en janvier : la culture, dont le poids dans le PIB (57,8 millards €, 3,2 % du PIB) est égal à celui de l'agroalimentaire, a largement pris sa part dans l'effort de réduction des dépenses publiques. Une volonté d'économie qui a généré des « Marches pour la culture » dans plusieurs villes de France.

 

 

Aurélie Filippetti, audition par la commission Finances du Sénat

Aurélie Filippetti lors de son audition par la Commission Finances du Sénat

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

La ministre de la Culture avait expliqué aux sénateurs que la rue de Valois faisait figure de bon élève pour la réduction des dépenses publiques (retrouver notre live de l'audition), et l'a répété ce matin à l'AFP. « Le budget de la culture a été l'un des plus gros contributeurs à l'effort de réduction des déficits publics », a-t-elle expliqué, une phrase qu'elle a répété telle quelle sur Radio Classique.

 

Le budget du ministère est fixé à 7,27 milliards €, soit 2 % de moins que l'année précédente, notait également la ministre lors de son audition par la Commission Finances. « Le budget de la culture, c'est moins de 1% du budget de l'Etat, donc on peut, je crois, et on doit parce qu'on est la France, un pays qui vit aussi de sa culture, être vigilant là-dessus », explique encore Aurélie Filippetti.

 

Justement : à Paris, Bordeaux, Caen, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lille, Lyon, Nantes, Marseille, Metz, Montpellier, Rennes, et même à La Réunion, des « Marches pour la culture » sont organisées cet après-midi. De grandes mobilisations des organisations professionnelles, syndicats en tête, pour rappeler à l'État ses obligations en matière d'accès à la culture.

 

« Parce que depuis des années la marchandisation de la Culture, la baisse des budgets mettent à mal ce droit et la liberté de création », « Je marche pour les mots oubliés de François Hollande en 2012 : "La Culture n'est pas un luxe dont on peut se débarrasser en période de disette… La Culture c'est l'avenir…" », « Nous marchons parce que la Culture est un droit, notre droit à toutes et tous », peut-on lire parmi les motivations à l'origine de ces marches.

 

La réponse de la ministre, interrogée au sujet de ces marches, espère qu'elles péseront dans les discussions avec le gouvernement au sujet des budgets des années à venir : « La marche a lieu aujourd'hui, car c'est maintenant que commencent les discussions budgétaires. On va fixer les grandes lignes pour l'année à venir et les trois ans qui viennent. »

 

L'objectif serait donc de faire cesser les baisses de budget, et la ministre estime que la culture a « fait [son] effort ». Une pétition est également en ligne.