Des ONG réclament le retrait de noms sur des documents WikiLeaks

Clément Solym - 11.08.2010

Edition - Société - wikileaks - documents - noms


Depuis la publication en juillet de plus de 70 000 rapports de l'armée américaine sur la guerre en Afghanistan, le site WikiLeaks se retrouve au centre d'une polémique.

En tout premier lieu, il a bien sûr des relations tendues avec le Pentagone qui voit d'un très mauvais oeil cette fuite. Le co-fondateur de WikiLeaks, Julien Assange, a assuré avoir contacté le Pentagone pour que l'armée l'aide à effacer les noms de ses collaborateurs dont la vie pourrait être mise en jeu par la révélation de ces documents. De son côté, le Pentagone a nié avoir été contacté par WikiLeaks. Le 28 juillet, Julien Assange revoyait sa copie en indiquant que le Pentagone avait été contacté par l'intermédiaire du New-York Times.


Aujourd'hui, ce sont les O.N.G. de défense des droits de l'Homme qui demandent à WikiLeaks de retirer dans les plus brefs délais les noms des collaborateurs de l'armée américaine. Une lettre signée par Amnesty International, Campaign for Innocent Victims in Conflict, l'Open Society Institute, l'International Crisis Group et la Commission indépendante des droits de l'Homme en Afghanistan a été envoyée aux représentants du site.

Nader Nadery, le président de la Commission indépendante des droits de l'Homme en Afghanistan, cité par l'AFP, explique : « Nous avons demandé dans cette lettre de retirer des noms et d'être plus prudents à l'avenir. Ces personnes, dont les noms et les provinces où ils habitent sont mentionnés, pourraient être des cibles pour les talibans ».

Suite à cette lettre, Julian Assange avait demandé si les O.N.G. seraient prêtes à participer à l'effacement des noms sur les 70 000 documents et quelques publiés. Amnesty avait répondu pouvoir fournir des ressources pour l'analyse des documents diffusés et pour les 15 000 qui ne l'ont pas encore été. Ce à quoi le co-fondateur de WikiLeaks a répondu : « Je suis très occupé et je n'ai pas de temps à perdre avec des gens qui ne pensent qu'à couvrir leurs fesses. Si Amnesty ne fait rien, je publierai un communiqué pour dire qu'ils refusent de nous aider ».

Seulement, en s'en prenant à Amnesty, WikiLeaks se priverait d'un soutien important face au Pentagone. Amnesty étant déjà intervenu en faveur de WikiLeaks notamment lors de la publication d'une vidéo intitulée « meurtre collatéral ».