Des pamphlets antifascistes dans les rues de New York

Clément Solym - 14.07.2010

Edition - Les maisons - carte - pamphlet - hitler


« La guerre d’Hitler est la mort du travail ! », « Peuple réveille-toi ! ». Des dizaines de modèles différents de cartes postales incitent les habitants de Brooklyn à se rebeller. Toujours écrits à la plume et dans une graphie avec un-je-ne-sais-quoi de gothique, ces messages font partie de la dernière campagne de promotion de l’éditeur américain Melville Publishing.


Un mauvais goût, pas si sûr, puisque cette publicité rend hommage au récit qu’elle met en lumière. Un récit adapté d’une histoire vraie. Oublions quelques instants que la formule est galvaudée, Every man dies alone, roman sorti en 2009 raconte l’histoire des Hampel pendant la guerre.

Couple de travailleurs sans histoire, les époux Hampel vont devenir les icônes d’une résistance passive suite à la mort sur le front de leur fils unique. A l’instar de Hans et Sophie Scholl, ces résistants à la dictature de la race vont disposer un peu partout dans Berlin des cartes postales portant un message d’insoumission.
Le régime hitlérien leur réserva le même sort que les frères et sœurs de la rose blanche (Hans et Sophie seront décapités en 1943).

 
                                         Portrait de Otto Hampel

A la fois marketing audacieux et hommage à ce couple, la promotion profite d’un réel succès de cette première traduction en anglais. On ne compte plus les récompenses de la presse anglaise, américaine et canadienne. Une résurrection légitime pour un texte écrit par Hans Fallada à partir des archives de la police secrète du Troisième Reich. Le livre, publié en 1947, avait sombré dans un relatif oubli.

C'est dans cet esprit de diffusion aléatoire que Melville Publishing a déposé des cartes dans les métros, bus, cafés ainsi que dans la bibliothèque publique de New York.

A la fois thriller et romance, Primo Lévi dira de cette œuvre qu’elle est « le plus grand livre jamais écrit sur la résistance allemande aux nazis ».