Floride : pour les parents d'élèves, tout arabe est musulman - et peut-être terroriste

Antoine Oury - 23.07.2015

Edition - Société - Floride - censure - Irak


Ah, l'Amérique et la censure, une vraie tradition : un sondage à l'emporte-pièce rappelait il y a quelques jours que 28 % de la population seraient favorables à la censure de certains ouvrages. On serait tenté de le croire, au vu des réclamations d'une bande de parents d'élèves, qui a fait pression pour bannir deux ouvrages, Nasreen’s Secret School et The Librarian of Basra, tous deux signés Jeanette Winter. Motifs : les bouquins évoquent une autre religion que celle des chrétiens, et sont trop violents pour la jeunesse. 

 

Censorship Causes Blindness

La censure provoque l'aveuglement (Andréia Bohner, CC BY 2.0)

 

 

Les deux ouvrages sont inspirés de faits réels, et on y évoque bien des pays en guerre : « Les parents d'élèves savent bien qu'ils ne peuvent pas préserver leurs enfants de toute représentation de la violence. Et ce livre développe une perspective tellement touchante sur la guerre, ses effets sur une ville, les questions que l'on se pose : quel est l'impact de la guerre? », souligne Christine Jenkins, professeure à l'université de l'Illinois, auprès du Guardian.

 

Le plus drôle — ou triste, c'est selon — réside dans le fait que les ouvrages n'évoquent pas une seconde la religion, et se contentent de représenter la vie en Irak et en Afghanistan. Par ailleurs, considérant la violence représentée dans les livres, le comité éducatif les ont jugé totalement appropriés pour les plus jeunes.

 

Au moins 8 pétitions (!) ont été signées par des parents d'élèves, pour le retrait des ouvrages des programmes scolaires et des bibliothèques des établissements. La Floride est l'un des États champions en matière de censure : Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, Even Cowgirls Get the Blues de Tom Robbins ou encore Un conte peut en cacher un autre de Roald Dahl y sont bannis. Pour les deux ouvrages de Jeanette Winter, le verdict n'est pas encore tombé.