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Des quartiers sans libraire : contre les déserts de livres, des oasis de lecture ?

Clément Solym - 09.01.2017

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Tout le monde devrait lire. Du moins, il est cruel que le plaisir de la lecture ne soit pas plus largement partagé. Aux États-Unis, la lutte contre les déserts de livres a incité plusieurs acteurs à se retrousser les manches. En ciblant les logements publics, lieux plus souvent frappés par la pauvreté, la National Book Foundation veut travailler au plus près.

 

 

 

 

L’initiative Book Rich Environnement découle d’un coup de billards à plusieurs bandes : il réunit des éditeurs, le département américain du développement urbain, le ministère de l’Éducation et la NBF. Les quatre se sont donné pour mission de travailler dans des quartiers défavorisés... en termes de librairies.

 

En effet, sur le territoire américain, près de 4 millions d’enfants vivent dans des zones de logement public qui sont ainsi présentées comme des déserts de livres. Attendu que ces quartiers ne connaîtront pas de sitôt l’ouverture d’une librairie, un don de 200.000 ouvrages vient d’être effectué à destination des enfants.

 

Le cadeau provient de Penguin Random House. Hachette et Macmillan se sont donné la main pour travailler de concert, et promettent de fournir d’autres ouvrages dans le cadre de cette initiative.

 

Aux partenaires institutionnels se sont ajoutées deux autres organisations : l’Urban Library Council et la Campaign for Grade Level Reading. Dans un premier temps, l’action réside dans un don de livres auprès des résidents de ces quartiers en manque de libraires.

 

La seconde étape, c’est la collaboration entre le Book Rich Environnment et les bibliothèques locales pour développer un programme de lecture. La NBF sera évidemment un acteur clé dans cette partie, aidant à mettre en relation les auteurs et les communautés.

 

300.000 ouvrages distribués d'ici un an

 

David Steinberger, président de la NBF, assure dans un communiqué que son association « est déterminée à faire en sorte que chacun, y compris les jeunes, qui construisent leur identité en lisant, ait accès à des livres. En collaborant avec ces partenaires nationaux, nous sommes en mesure d’atteindre les objectifs de la NBF : faire en sorte que les livres aient une véritable importance, et ce, partout ».

 

À travers le programme Book Rich Environment, ce sont 300.000 livres qui devraient être distribués d’ici à la fin de l’année 2017.

 

L’idée ne manque clairement ni de générosité ni d’intelligence. Ce qui impliquerait également de préserver le tissu de librairies déjà présent sur le territoire, pour ne pas créer, justement, de nouvelles zones de déserts de livres. Ainsi, dans le Bronx, la dernière librairie ouverte, appartenant à la chaîne Barnes & Noble, fermera ses portes dans quelques jours.

 

Le quartier n’est pas totalement abandonné : l’endroit compte 35 succursales de la New York Public Library, avec une collection de 1,7 million d’articles, en hausse de 16 % depuis ces dix dernières années. Il sera donc toujours possible de trouver des livres à lire et d’en emprunter. Mais la disparition de la librairie provoque une véritable colère chez les habitants, bientôt privés d’un lieu d’achat.