Des rapports entre l'adolescence et la littérature

Clément Solym - 19.03.2011

Edition - Société - salon - du - livre


Sur la grande scène d'abord, vendredi 18 mars, la délicate question de "Comment aborder la part obscure de l'adolescence en littérature ?", avec Annika Thor, Johanna Thydell et Seita Parkkola. Tout sur le "complexe du homard" vu du nord.

On doit un grand nombre de classiques à la littérature nordique à l'honneur au Salon du livre, tels le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson, Moumine le Troll Traitement et Fifi Brindacier.
Mais comme ailleurs, l'adolescence y est un thème délicat à aborder en littérature jeunesse. N'est-ce pas l'âge du "complexe du homard", selon une formule de Françoise Dolto, où l'on est dur à l'extérieur, avec une carapace, mais tendre et vulnérable à l'intérieur ?
 
©Adrien Aszerman
Johanna Thydell, suédoise, est auteur du roman Des étoiles au plafond. Elle estime que tout dépend de la manière dont on traite l'obscurité caractéristique de l'adolescence. L'écueil est de se mettre à la place des jeunes avec un regard adulte en éludant leur réalité. L'important est la nuance que l'on apporte à son personnage, entre douleurs et questionnements mais aussi complicités et partages.

Seita Parkkola, Finlandaise, auteur d'Une Dernière Chance" aux éditions Actes Sud, partage le point de vue de sa collègue Suédoise. Elle ajoute qu'il importe pour elle de ne pas penser au lecteur en écrivant. Tout réside dans le réalisme et la justesse, la croyance en sa propre écriture et la vraisemblance du récit. Lorsqu'elle écrit avec une voix d'adolescent, Seita s'attache à éviter certains thèmes pour ne pas choquer ses trop jeunes lecteurs tout en "refusant de se censurer".

Quelques minutes plus tard sur le stand du Motif, un nouveau débat centré cette fois sur L'intimité du lecteur. Avec Christine Détrez, Olivier Marboeuf, Sabine Massenet et Nicolas Barrié.
 
©Adrien Aszerman

Après une diffusion des premières minutes de l'excellent "Nous Princesses de Clèves" (cf. notre actualitté, "J'admire Cendrillon" de Nicolas Barrier révèle les visages d'adolescents qui affirment tous "adorer lire" tout en ne citant que des noms de reportages télés pour illustrer leur passion. Vient ensuite les Images trouvées de Sabine Massenet, qui débute par la narration d'un passage en justice pour un vol de livres motivé par le seul désir de lire.

D'où il est ressorti l'intérêt réel des adolescents pour tous les sujets d'actualité, mais davantage au travers des vidéos que des livres. Chacun lors du débat aura pointé la gêne paradoxale face à la lecture lorsqu'elle n'est pas pratiquée : tous aiment lire (ou disent aimer lire) alors qu'aucun ne lit (J'admire Cendrillon et Images trouvées). Sauf lorsqu'on apprend aux adolescents à aimer la lecture avec une pédagogie adaptée à chacun (Nous Princesses de Clèves).