Des reliques de Miguel de Cervantès identifiées à Madrid

Julien Helmlinger - 17.03.2015

Edition - International - Miguel de Cervantès - Don Quichotte - Archéologie


Un an après le lancement des fouilles archéologiques à Madrid, des restes du célèbre auteur de Don Quichotte, Miguel de Cervantès, ont finalement été identifiés au sein de la crypte de l'actuelle église des Trinitaires, dans le Quartier des Lettres. La zone a préalablement été balisée à renfort de caméras infrarouges et scanners 3D, tandis que ce mardi le directeur de l'équipe de recherche, Francisco Etxeberria, a confirmé la découverte.

 

 

006444 - Campo de Criptana

CC BY 2.0 par M.Pelnado

 

 

Né en 1547, dans la vieille ville universitaire d'Alcala de Henares, non loin de la capitale, l'écrivain est considéré par beaucoup comme le « père du roman moderne » pour Don Quichotte, œuvre publiée en deux parties, entre 1605 et 1615. Mais tandis qu'il est mort dans la pauvreté le 22 avril 1616, les écrits contemporains indiquent que sa dépouille a été enterrée dès le lendemain dans cette petite église, mais quatre siècles plus tard, l'emplacement exact était devenu une énigme.

 

L'année de fouilles a permis de localiser 33 cavités et 4 tombes sous le lieu de culte. À l'occasion d'une conférence de presse, Francisco Etxeberria a annoncé : « Après analyse de toute l'information [...], il est possible de considérer que parmi les fragments de la réduction découverte dans le sol de la crypte de l'actuelle église des Trinitaires se trouvent certains fragments appartenant à Miguel de Cervantès. »

 

Pour en venir à cette conclusion, les chercheurs ont suivi une piste historique : l'auteur de Don Quichotte, alors enrôlé dans un tercio de l'infanterie espagnole, avait participé à la bataille navale de Lépante. Si celle-ci fut remportée en 1571 par la Sainte-Ligue catholique, Cervantès y avait été atteint de deux arquebusades, l'une au torse et l'autre qui lui paralysa la main gauche. Une mésaventure belliqueuse de laquelle l'écrivain espagnol hérita du surnom de « Manchot de Lépante ».

À ce stade, les restes présumés de Cervantès n'ont pas encore été analysés « par la voie génétique », précise l'archéologue Almudena Garcia-Rubio. Cependant, le docteur Francisco Etxeberria est désormais persuadé d'avoir mis la main sur des fragments de la dépouille recherchée.