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Des rendez-vous de poésie sur les réseaux, au temps du coronavirus

Clément Solym - 18.03.2020

Edition - Les maisons - poésie internet réseaux - coronavirus édition - Bruno Doucey poésie


Que peut la poésie, quand tout un chacun lutte contre la propagation d’un virus, en restant chez soi ? Les éditions Bruno Doucey prennent les armes poétiques pour répondre : « Apporter ce rayon de soleil, ce brin de bonheur et de fantaisie qui nourrit le courage dont nous avons tous besoin. » Et depuis les réseaux, la maison entend apporter sa pierre à l’édifice. 


L'équipe des éditions Bruno Doucey
 

De la poésie à la maison, voici le programme servi par l’éditeur de Jeanne Benameur ou Sapho. Trois fois par jour, un rendez-vous thématique est mis en place sur les réseaux sociaux, avec des horaires bien définis : 

– Croissant Poésie à 8h30 : un poème pour bien démarrer la journée
– Elles sont en première ligne à 12h30 : hommage à ces femmes qui prennent soin de nous et s’exposent avec dévouement, poèmes issus du recueil de Fabienne Swiatly, Elles sont au service.
– Apéro-poésie pour se donner du courage à 18h30 : rendez-vous en direct avec Bruno Doucey, qui offrira la lecture d’un poème quotidien.

Le premier vient d’être diffusé, un petit-déjeuner qui démarre donc avec Pierre Séghers, et un extrait du recueil Dis-moi, ma vie 
 
 
Paru le 3 janvier 2019, le recueil démontre aussi l’occasion d’animer les catalogues de la maison — en l’occurrence, un ouvrage paru en 1972, qui n’avait pas rencontré son public en France. « Le fleuve de ses mots traverse les paysages de la mémoire, longe les gouffres d’un parcours qui connut souvent des heures sombres, retrouve les points cardinaux d’une existence entièrement vouée à la poésie. Et l’on ressort de ce livre avec le sentiment d’avoir désormais un ami de plus sur la terre », indique l’éditeur. 

On pourra savourer ces moments poétiques sur les différents réseaux sociaux de l’éditeur.

Dossier - Coronavirus : S'occuper en période de confinement


Commentaires
Serre- moi fort dans tes bras

Allume des feux de joie

Pour que sans peine je revienne

Quand le souffle se perd en mer

Nourris le bûcher sur le lac

Pour que sa paupière de glace

Jamais ne se referme



Serre-moi fort dans tes bras

Quand la virginité du faire

Joue à saute-mouton

Sur le dos du dimanche

Rends le temps aux horloges

Qu’elles le gardent pour moi

Toute l’éternité de ma vie



Serre-moi fort dans tes bras

Colore les terres que je traverse

Que j’y retrouve mes pas

Quand les chemins font halte

Rapproche un peu le ciel

Que les étoiles m’appellent

Quand le chaos a le vertige



Serre-moi fort dans tes bras

Retiens la main du hasard

Quand il lance ses dés

Dans l’œil du cyclone

Jette l’ancre de la mémoire

Pour que l’apnée de la voie

Jamais n’égare les pages de l’histoire



Laisse tes bras autour de moi
Nous nous sommes endormis dans un monde et nous nous sommes réveillés dans un autre.



Soudain, Disney n'a plus de magie, Paris n'est plus romantique, New York ne reste plus debout, le mur chinois n'est plus une forteresse, et la Mecque est vidée.



Les câlins et les bisous deviennent soudainement des armes et le fait de ne pas rendre visite aux parents et aux amis devient un acte d'amour.



Soudain, vous avez réalisé que le pouvoir, la beauté, l'argent ne valaient rien et ne pouvaient pas vous procurer l'oxygène pour lequel vous vous battez.



Le Monde continue sa vie et il est magnifique ; il ne met en cage que les humains. Je pense qu'il nous envoie un message :

"Vous n'êtes pas indispensables. L'air, la terre, l'eau et le ciel sans vous vont bien. Et même mieux. Quand vous reviendrez, rappelez-vous que vous êtes mes invités... Pas mes maîtres."



À mediter ..
Super ce poème. je l'ai envoyé à deux de mes filles institutrices.Je pense qu'il

serait à apprendre par les élèves à l'école. Voir pour quel niveau! question: Mais qui est l'auteur.
Il paraissait si loin ce coronavirus

Isolé tout là-bas, loin au soleil levant

Quand pour nous, seul comptait, Noël ou Nouvel An,

Il paraissait si loin ce satané virus



Avec rapidité, et en un saut de puce,

Contamination pour tous les continents

Marchés sans frontières, c’est à double tranchant

Avec rapidité ce fut un vrai blocus



Toujours inconscients, certains ont pu tarder

Mais la mort était là, la peur s’installait

Les rires se sont tus, dans un confinement



De chacun, de partout, apparaissent des héros

Ils sont autour de vous pour battre le fléau

Restons donc chez nous et gagnons leur du temps
je vs envois ici un poème sur la santé



La santé et ses limites



La santé atteint ses limites

La maladie en profite

Pour aggraver les dégâts.

Faisant du corps son gîte,

Le détruit et l’irrite,

Combien de plaies elle prévoit !



Le mal, qui, dans le corps, progresse,

Propage ses racines et prospère.

Il change de place en vitesse

Et laboure à tort et à travers.

Durant la nuit, il t’oppresse

Et il te fait voir toutes les misères.



Le mal s’enfonce et lacère,

Il est le pire des tourments.

Même son nom est amer,

Il est réputé pour ses inconvénients.

Il te fera courir les artères,

Le corps peine d’exténuation.



Le remède du mal est la médication ;

A cet effet, nombreuses sont nos quêtes.

Nous avons juré d’arrêter sa progression

A l’unanimité pour sa conquête.

Sachant que son rôle est déterminant,

L’heure est proche pour sa défaite.



Si cela s’avère inefficace, il est sauvé ;

Nous allons chercher d’autres artifices.

Nous le prendrons en aparté

Et adviennent ses vilains caprices.

Nous le châtierons à volonté,

C’est là notre vengeance consolatrice.



Parfois, on le voit se dérober,

Rampant, tel un cours d’eau.

Sournoisement, il décide de dévier

Pour détruire ce qui reste à nouveau.

Lui, cet habitué d’horribles faits,

Considérant le mal, un plaisir qu’il faut.



Le mal a été bien franc

Puisqu’il a détruit le corps.

Il n’a épargné ni cœur ni poumons,

Laissant derrière un triste sort.

Vous l’avez deviné, par son émargement,

Il vient de signer pour la mort !

ahcene mariche

ahcenemariche20@gmail.com
IL COURT IL COURT…

Sur l’air de : « Il court il court le furet »



Il court, il court, le virus

Créant une épidémie

Il court, il court, le virus

Sa course est notre ennemie



Il est passé par ici

Sans l’ombre d’un état d’âme

Le virus bien peu joli

Père d’un malheureux drame



Il repassera par là

Savons-nous ce qui se trame

Pourquoi cette tombola

Au gros lot vraiment infâme



Le virus va bien caché

Nous imposant son programme

Il faudrait se dépêcher

De vite éteindre sa flamme



Il court, il court, le virus

Créant une épidémie

Il court, il court, le virus

Vite brisons sa chimie !



COLPIN Didier
CIEL DÉGAGÉ…



Splendide Titanic splendide Babylone

Dans les moindres détails luxe et raffinements

Etaient sur votre éclat joyaux d’une couronne

Qui tous ne provoquaient que des ravissements…



Fait extraordinaire il est insubmersible

Plus de bateaux gisants sur des grands fonds marins

Le progrès dans sa marche -elle est irréversible-

Sait nous émerveiller nous rendre enfin sereins…



Tout aussi fabuleux la ville est imprenable

Plus de sièges cruels plus de drames vécus

La foi dans l’avenir solide inébranlable

Illumine nos jours tous les pleurs sont vaincus…



Les malheurs du passé d’une claire évidence

Ne concernent qu’hier heureusement pour nous

Le présent sait offrir une belle abondance

Qui rendra le futur plaisant paisible et doux…



COLPIN Didier
CRÉPUSCULE





C’était il y a longtemps, voilà trois mois à peine.

Nous vivions sans savoir à quel point sommes fragiles,

Mais il suffit qu’en Chine une chauve-souris traîne

Trop près d’un pangolin pour que, comme l’argile,

Nos illusions se brisent et la crainte nous prenne.



Alors nous qui parfois devenions spectateurs,

Tout tremblant pour de faux, de ces films-catastrophe

Où un méchant virus joue terrifiant acteur,

Il faudrait brusquement que nous ayons l’étoffe

Des héros affrontant la véritable peur.



Certes la Chine est coupable, guère besoin d’en débattre.

Hommes, animaux trop proches, sur son vaste territoire,

Sont des nids d’infection à la puissance quatre.

Et nul ne peut nier, qu’au début de l’histoire,

Elle tenta de cacher plutôt que de combattre.



Sommes nous donc pour autant exempts de tout reproche,

Sûrs d’avoir pris à temps toute la pleine mesure

De ce que recelait cette affaire de plus moche ?

Et ceux qui nous gouvernent, aux propos qui rassurent,

N’ont-ils pas trop longtemps cherché que l’on s’accroche ?



Pourtant l’heure n’est plus aux vaines polémiques

Car, même très déplaisante, s’impose l’évidence,

Nous vivons malgré nous des moments historiques :

Des nations entières assignées à résidence,

Et le retour brutal des vieilles peurs archaïques.



Comme la peur de manquer et l’affligeant spectacle

Des caddies débordant de pâtes alimentaires,

Farine, papier toilette, sans décence, sans obstacle.

Comme la crainte de l’autre, qu’en grave crise sanitaire,

A côtoyer de près logiquement l’on renâcle.



En quelques jours à peine notre monde bascule,

Ce coronavirus a tout écrabouillé.

Sports, cinéma, culture devenus minuscules,

En matière politique nul débat à fouiller…

Tout ce qu’on connaissait semble à son crépuscule !



Pour preuve de nouveaux mots en nos esprits s'incrustent :

"Pandémie", "Confinement" que l'on n'apprécie guère,

"Gels hydro-alcooliques" en quantités trop justes,

"Masques de protection" car "Nous sommes en guerre",

"Etat d'urgence" et "Couvre-feu", d'allure robuste.



Face à si fourbe ennemi, l'actuelle solution

Consiste à respecter un vrai confinement

Evitant les contacts qui sont ses munitions.

Car, même contre nature, un tel éloignement

S'avère mal nécessaire bien plus que punition.



"Restez chez vous" devient la consigne qu'on martèle.

Mais quand l'hyperactivité est habitude

Certains ressentent cela comme une contrainte telle

Qu'ils ne peuvent plus fuir l'implacable finitude

Attachée à leur condition d'êtres mortels.



Car le bouleversement nous contraint à penser.

Ce que ne surent faire ni l'ancien communisme,

Ni l'alter-mondialisme jugé trop insensé,

Un virus "made in China" avec réalisme,

Sauvagement, sous nos yeux, vient de le commencer.



L'adversaire invisible, sans pitié ni morale,

Révèle brutalement les failles du modèle,

Cette fière mondialisation néolibérale

Qui nous paraissait imprenable citadelle

Et, de partout s'effrite, arrogante cathédrale.



L'échec est si patent qu'on en vient à entendre

Le premier personnage de notre République,

D'ordinaire fort prompt à ce modèle défendre,

Entonner au pays une nouvelle musique…

Comme si, sans le pire, on ne pouvait comprendre.



Ces sages résolutions, c'est un précieux trésor.

Mais chassez l' naturel, il revient. On recule,

Une fois passé le drame, à fournir les efforts.

Il le faut toutefois pour, qu'après ce crépuscule,

Puisse poindre demain une prometteuse aurore.
La crainte d'une pandémie







De notoriété publique ce fait était prévu



Certes il est venu sans bruit ce péril jaune



En peu de temps hélas nous sommes dépourvus



Semblant issu de la souche d'un faune



Inconnu de l'univers ce corona virus



Nous fait craindre une victoire à la Pyrrhus





Adonc faire fi de ces problèmes



Nous paraît peu probable en effet



Les savants sont perplexes y a un blème



Ils nous mettent aux arrêts





La nature ainsi se venge le CO2 expire



Le naturel enfin renaît respire



Les pollueurs angoissés se meurent



Ainsi que nombres d'avionneurs





Les bourses dégringolent les profits



Sont en baisse la nature est maîtresse



Et nous place devant maints défis



Avec ce fléau d'universelle détresse





Voila j'espère qui va faire fléchir les ambitions



De tous profiteurs faiseurs de pollutions







Maissin et Kâerjeng





Extrait du recueil

Les Maissineries III.20



Google site

https://sites.google.com/site/lesmaissineries/accueil
Quelques poèmes nés de l'actualité :





LE CHOLÉRA VIRUS…



Le choléra virus peut-être qu’il me guette

Pour me tomber dessus sans tambour ni trompette

Pour un petit câlin voire le grand frisson

Qu’il voudra m’imposer sans faire de façon…



Il décide il ordonne il vient à l’improviste

Nous en sommes surpris mais le moindre archiviste

Sait bien que c’est la norme et non l’exception

Que par contre connaît ma génération…



Les démons du passé de la guerre à la peste

Lui sont tous inconnus pas de destin funeste

Elle les pensait morts à tout jamais bannis

Croyant que ces fléaux se trouvaient -là- finis…







Que dire du futur il paraît que l’histoire

Constamment se répète ayant bonne mémoire

La barque des Humains navigue sur une eau

Qui toujours et sans fin réserve un même lot…





ET SI…



Un colosse aux pieds d’argile

A qui tout semblait facile

Va peut-être vaciller

Décompte dégoupillé ?



Partout le même problème

Attaque notre système

C’est lui le boss le patron

Depuis rien ne tourne rond…



C’est le petit grain de sable

Quasiment insaisissable

Qui réussit à gripper

Qui réussit à crisper…



En défrayant la chronique

D’une allure cyclonique

Court va le covid-19

Quelque part fort comme un bœuf…



La machine performante

Se trouve dans la tourmente

Vigoureux plein de tonus

Est ce tout nouveau virus…



Et la machine orgueilleuse

Doit donc se mettre en veilleuse

Quel sera son avenir

Puissions-nous tous en sortir…







Titanic insubmersible

A l’arrogance ostensible

Un abyssal fond marin

Fait un étrange parrain…





FANTASMAGORIE ? RÉALISME ?



Errant sans terminus

Le coronavirus

Dissimulé resquille

Glissant comme une anguille…



Il va s’invite ici

Sans l’ombre d’un souci

Dans ces inquiétudes

Où vont nos certitudes ?



Hier et ses fléaux

Pères de grands chaos

Est-il là dans l’attente

Avec l’âme battante ?





HENRI PLAIE…



Quel farceur que cet Henri

C’est d’un seul œil qu’il sommeille

Toujours il réenchérit

Il nous épate on bégaye…



On est convaincu qu’il dort

Mais bondissant tel un diable

Il joue au puissant cador

Cela devient incroyable…



A sortir de son chapeau

Les mêmes blagues douteuses

Qu’il gardait comme en dépôt

Ne nous semblent pas juteuses…



Dans sa malice il est lourd

C’est bêtement qu’il insiste

Un peu noir est son humour

C’est un piètre fantaisiste…



Pas de renouvellement

Là c’est une épidémie

Qu’il nous sert banalement

D’une grande bonhomie…



Mais on avait oublié

Grande est alors la surprise

Il est tout émoustillé

Notre émotion le grise…



De tels maux semblaient passés

Finie est cette infortune

Le progrès -jamais assez-

Nous a conduits sur la lune…



Et voilà que tout d’un coup

Hier nous donne une claque

En replay dans un ‘coucou’

Soudainement il nous traque…





« THERE’S A KILLER ON THE ROAD »… (1)



D’une belle assurance ignorant la tourmente

Demain se construisait demain s’envisageait

Le bonheur est toujours le centre d’un projet

-Se jette l’option de la mort pour amante-…



Dans l’ombre du soleil il fallut qu’un virus

S’impose tout d’un coup déclenchant la tempête

Qui vient contrecarrer nos plans sur la comète…

Voyons-nous le réel comme en autofocus ?



Chronos sait réserver de mauvaises surprises

Faites d’événements qui sont inattendus

Le malheur le chagrin que l’on voit répandus

A la mode d’hier ont le goût de traîtrises…







Comme un bel oasis please let your children play (2)

Que leurs belles candeurs que la noble innocence

Viennent nourrir notre âme en éloignant l’offense

-Même pour un instant- d’un futur incomplet…





(1) Il y a un tueur sur la route

Riders on the storm – Doors



(2) Laissez jouez vos enfants





AUTOROUTE ET IMPASSE !



D’habitude

On est finalement seul

Dans une foule qui grouille

Le convivial s’y rouille

L’empathie est sous linceul…

D’habitude…



Maintenant

On est seul mais tous ensemble

On est seul mais tous en bloc

Dans ce grand électrochoc

Où tous nos lendemains tremblent

Maintenant…
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