Des réseaux sociaux aux librairies, comment un livre trouve son lecteur

Nicolas Gary - 11.12.2018

Edition - International - italie comportements achats - lecteurs Italie librairie - réseaux sociaux livres


Au terme de la manifestation romaine, Più libri più liberi, célébrant la petite et moyenne édition, les habitudes des lecteurs italiens sont détaillées. Une série d’enquêtes, présentées lors de l’événement, offre un regard explicite sur les évolutions de l’achat de livres.

Livres et lecture Italie
ActuaLitté, CC BY SA 2.0 (photo d'illustration, salon du livre de Turin)

 
La librairie reste le canal principal pour les achats de livres : 59 % passent par des chaînes pour se fournir, quand 23 % préfèrent les librairies indépendantes. Mais les librairies sont avant tout des lieux pour explorer, s’informer et trouver l’inspiration... avant, parfois, d’acheter en ligne.

En effet, plus de 7 millions d’Italiens affirment qu’ils comptent sur leur libraire pour leur trouver prochaine lecture, mais certains finalisent leur achat sur la toile.

Internet devient un canal particulièrement prisé : Amazon et Libreria IBS sont les sites que visitent 32 % des personnes interrogées. Si l’on prend en compte d’autres ecommerçants, on aboutit à 40 % des répondants. 

Ce qui peut faire la différence, c’est la présentation de l’ouvrage dans les librairies physiques : une précédente statistique indiquait en effet que 28 % des lecteurs sont sensibles à la mise en scène des ouvrages. Et chez les grands lecteurs, on monte à 40 %. 

Ce qui déclenche l’impulsion d’achat – en excluant les remises pratiquées – reste classique : connaître l’auteur ou le titre, pour 47 % des gens, sa mise en scène, 35 % en moyenne, la couverture pour 21 % et les conseils de lecteurs ou de libraires, 12 %. La marque éditoriale n’intervient que très peu, autour de 7 % des sondés, bien que chez les grands lecteurs, cela représente 15 %. 
 

Repenser les échanges et collaborations


Pour le président du groupe des petits éditeurs, au sein de l’Associazione italiana editori, Diego Guida, ces chiffres confirment le lien entre le public et les lieux. Et la nécessité, évidemment, de trouver des passerelles pour mieux promouvoir dans les points de vente, les ouvrages – plus encore pour la petite et moyenne édition. 

À ce titre, un cycle de rencontres s’est déroulé à Rome, dégageant trois axes de travail entre professionnels 

• la visibilité de la petite édition dans les librairies – et la recherche de nouveaux partenariats pour entreprendre une promotion plus innovante
• révision des conditions commerciales : la perspective et de favoriser la présence des titres de petites maisons, qui ne sont pas en mesure de proposer aux libraires des remises aussi importantes que les groupes. Et à ce titre, peuvent alors être négligées ou mises de côté.
• une meilleure évaluation des partenaires libraires : l’une des priorités consiste à définir quels sont les librairies les plus adaptées ou en mesure de vendre les titres d’un catalogue. Identifier plus efficacement, pour mieux vendre, en somme.
 

Mes conseils, mes amis, mes achats


Le travail des éditeurs se portera également sur une révision des outils de prescriptions. En effet, dans l’étude de Pepe Research, on apprend que, pour 27 % des lecteurs, les recommandations venant d’amis et de parents sont plus efficaces que celles des médias traditionnels.

De fait, seuls 5 % de l’échantillon de lecteurs affirme qu’une présence à la télévision, pour des entretiens ou des critiques de livres peut les inciter à se procurer un ouvrage.
 
Chez les jeunes de 15 à 17 ans, ils sont 47 % a écouter les suggestions d’enseignants ou de bibliothécaires. Mais sur la tranche 18-24 ans, cela diminue à 17 %, alors que les réseaux sociaux sont écoutés par 12 % d’entre eux. Cette hausse se poursuit avec l’âge : les 25-34 ans sont 15 % à y recourir...

Pour ce qui est des achats sur internet, un lecteur sur deux affirme se lancer quand les informations et recommandations de blogs, sites internet et suggestions sur les sites de vente sont incitatives. Les réseaux sociaux, dans leur ensemble, servent alors plutôt à trouver d’autres informations – pour 37 % des sondés.

De nouveaux sentiers à arpenter pour trouver des lecteurs, mais également de nouvelles habitudes à prendre en compte et adopter, côté éditeurs, pour que, par le bon canal, le bon livre arrive au bon lecteur...


Commentaires
Toujours étonné de l’hypocrisie des librairies, Amazon paye pas ses impôts, blablabla mais Facebook non plus, pourtant les libraires usent et abusent de cet outil néfaste 1000 fois pire qu'Amazon (Trump, Salvini, Brexit tous née sur l'immonde)
C'est marrant, ça parle à longueur de temps de pas de porte, d'impôt, de volume, de rentabilité, de concurrence, de pourcentage, de partenariat, d'enrobage, de courroie de transmission, j'en passe... On tourne autour de la littérature mais on ne parle presque plus jamais du texte... du trouble, de l'émerveillement qu'occasionne et procure le texte littéraire quand il est bon. On ne parle plus que du papier cadeau, du joli nœud de satin autour et du bruit sonnant et trébuchant de la caisse enregistreuse. Manifestement la crise est autant à l'intérieur qu'à l'extérieur, elle a tout colonisé de nos rêves, elle ronge nos cœurs et laisse nos âmes en berne.
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