Des sentiments mitigés en marge du Salon du livre de Moscou

Julien Helmlinger - 10.09.2013

Edition - International - Russie - Marché - Salon du livre


A l'issue du 26e Salon international du livre de Moscou, les chiffres de l'industrie locale susciteraient des réactions mitigées. Ainsi, selon la Rospechat, on dénombrerait quelques 59.000 titres publiés en Russie sur les six premiers mois de 2013, chiffre en augmentation par rapport à l'an passé, mais pour un total de 246 millions d'exemplaires tirés, soit moins qu'en 2012. L'événement annuel a néanmoins rassemblé ce week-end nombre d'éditeurs, écrivains et autres passionnés de lectures du pays comme de l'étranger. Avec la Hongrie en invité d'honneur, et l'accent mis sur la littérature jeunesse.

 

 

Crédits : Dieter Karner (CC by 2.0)

 

 

 

Pour David Mitchell, invité britannique de la Foire du livre de Moscou et auteur du best-seller Cartographie des nuages, la littérature serait le fruit de trois composantes : l'imaginaire de l'écrivain, ce qu'il couche sur le papier et ce qu'en perçoit le lecteur. A l'attention de ses lecteurs russes, il a ajouté : « Toute la beauté de la lecture vient du fait que vous seulement maîtrisez ce troisième élément, cette coopération entre vous et moi est merveilleuse. » 

 

Trois ingrédients réunis dans le plus grand salon littéraire de Russie, annualisé depuis 1997, et qui auront contribué à rassembler cette année quelques 200.000 visiteurs. L'occasion pour eux de rencontrer des auteurs russes comme Andrew Bitov, Lyudmila Petrushevskaja, Edvard Radzinsky, et d'autres, sans oublier un panel d'étranger au rang desquels se trouvaient le Français Bernard Werber, Janusz Leon Wisniewski, ou encore David Mitchell.

 

Si la Hongrie était l'invité d'honneur de l'événement, parmi une cinquantaine de nations représentées, il semblerait que la littérature jeunesse lui ai piqué la vedette avec notamment la participation de plus de 25 éditeurs spécialisés. Le programme hongrois invitait les visiteurs à se familiariser non seulement avec la littérature et les écrivains du pays, mais aussi avec la Hongrie en général. La cuisine, les danses folkloriques, et les langues hongroises comprises.

 

Présent à Moscou, le vice-premier ministre hongrois, Tibor Navracsics, a ouvert le pavillon de la Hongrie, en expliquant : « Les livres engendrent l'amitié et l'amour. Et je pense que les livres peuvent à ce titre être une bonne base pour l'amitié entre les peuples. Il est important pour ce petit pays européen à la langue très complexe d'être présent dans le grand monde du livre. Comme cela l'a été pour la Russie, qui au 19ème siècle considérait qu'il était important de faire connaître au monde la littérature russe, ce qui a permis de rapprocher l'Europe occidentale de la Russie et d'inviter la première à comprendre la seconde. »

 

A la fermeture de la foire, le nombre de livres vendus n'est pas encore rendu public. Mais l'intérêt montré par les Moscovites semblent indiquer que la Russie reste l'une des nations où l'on aime la lecture. L'édition 2013 n'a pas échappé à la tradition , et le livre russe de l'année a été désigné au cours de la manifestion. Cette année, la distinction revient à l'anthologie en cinq volumes A Poet in Russia is More than a Poet: Ten Centuries of Russian Poetry, du poète Yevgeny Yevtushenko.