Des universitaires lancent un manifeste pour refondre l'université

Clément Solym - 15.05.2009

Edition - Société - manifeste - universitaires - refonte


Nous l'indiquions hier, une nouvelle voix s'élève au sein de ce grand conflit sur la réforme des universités. Cette voix ne se place pas du côté du gouvernement, ni de celui qui s'oppose à l'autonomie des universités. Cette voix c'est celle de 29 personnalités issues du monde universitaire.

Au travers d'un manifeste, les 29 premiers signataires envisagent de nouvelles pistes de réflexions pour une refonte de l'université. Une refonte nécessaire selon eux car « Il est désormais évident que l'Université française n'est plus seulement en crise. Elle est, pour nombre de ses composantes, à peu près à l'agonie ».

L'université est « à l'agonie »

Les problèmes constatés sont nombreux, on pourrait citer la perte d'effectifs au profit des autres filières de l'enseignement supérieur (IUT, BTS, classes préparatoires...), ou encore la paupérisation des étudiants.

Le constat est simple : « Le déclin de l'Université, matériel, financier et moral, est désormais bien trop avancé pour qu'on puisse se borner à repousser les réformes proposées. Si des solutions susceptibles de réunir un très large consensus parmi les universitaires et les chercheurs mais aussi au sein de l'ensemble de la société française ne sont pas très rapidement formulées, la catastrophe culturelle et scientifique sera consommée. Or de qui de telles propositions pourraient-elles procéder sinon des universitaires eux-mêmes ? »

Des pistes de réflexions

Partant de là, les 29 premiers signataires proposent une série de pistes qui même si elles ne couvrent pas toutes les problématiques « pourrait servir de point de départ à une véritable négociation, et non à des simulacres de concertation, et être à la base d'une auto-organisation d'États généraux de l'Université ».

Dans ce manifeste, il est question entre autres de rendre le ministère de l'Enseignement supérieur non plus seulement responsable des universités mais de toutes les sections d'enseignement post-bac. ce nouveau ministère devrait « créer un grand service public propédeutique de premier cycle réunissant (ce qui ne veut pas dire normalisant dans un cycle uniforme) IUT, BTS, classes préparatoires et cursus universitaires de licence ».

Réorganisation en profondeur

Afin de garantir l'accès à tous aux études universitaires, il est envisagé la mise en place d'une classe de rattrapage ce qui porterait le cycle de licence de 3 à 4 ans. En ce qui concerne le master, il est proposé de placer la sélection non pas en début de deuxième année mais en début de première année. Mettre en place « un capital minimum de départ attribué à chaque étudiant » est également évoqué afin d'endiguer la paupérisation de ceux-ci.

En ce qui concerne l'autonomie des universités, le manifeste précise « Tout le monde s'accorde sur la nécessaire autonomie des universités » et « la discussion doit être largement ouverte, mais obéir à un double souci ». Tout d'abord distinguer « autonomie de gestion (principalement locale) et autonomie scientifique (indissociable de garanties statutaires nationales) » et « concevoir des montages institutionnels qui assurent au corps universitaire de réels contre-pouvoirs face aux présidents d'Université et aux conseils d'administration, ce qui suppose des aménagements significatifs de la loi LRU ».

Vous pourrez retrouver ce manifeste dans son intégralité et le signer en suivant notre lien.