Des ventes d'ebooks en hausse de 20 % au Royaume-Uni en 2013

Julien Helmlinger - 26.03.2014

Edition - Economie - Livre numérique - Marché - Royaume-Uni


Nielsen Bookscan vient de publier ses observations du marché du livre britannique en 2013, via l'enquête Books & Consumers qui dépeint un recul des ventes globales mais une progression de 20 % des achats numériques. 80 millions d'ebooks auraient été acquis l'année dernière, pour une somme de 300 millions £, soit 14 % du marché en valeur. Ce qui représenterait un quart du nombre de livres vendus sur l'année contre un cinquième en 2012. En catégorie fiction pour adulte, l'ebook pèserait pour plus de 40 % des achats.

 

 

Des données floutées sur le marché du livre ?

CC by 2.0 par photojenni

 

 

Sur l'ensemble de l'année 2013, les Britanniques auraient acheté 323 millions de livres, ce qui représente 2,2 milliards £ de dépenses livresques. Un volume et une valeur en baisse de 4 % par rapport à l'année précédente, un déclin attribué à l'effet du phénomène Fifty Shades sur les résultats de 2012. D'après Nielsen, si on retirait le best-seller de l'équation, la somme investie ne serait que légèrement en baisse et le nombre d'achats en hausse de 4 %.

 

Outre le numérique, l'autopublication a également le vent en poupe dans les statistiques, bien qu'il ne concernerait qu'une part infime des ventes d'ebooks : 1 titre sur 5, et 12 % des dépenses en lectures dématérialisées en 2013, principalement dans le registre de la fiction, des thrillers ou de fantasy.

 

Quand la librairie continue de perdre de l'importance en matière de parts de marché du livre global, son poids aurait augmenté pour ce qui concerne les ventes imprimées, restant devant les e-commerçants sur ce segment, qui quant à eux dominent le marché numérique.

 

Des chiffres truqués dans la balance ?

 

Mais selon Good E Reader, les données fournies par Nielsen ne seraient pas fiables. Selon le site web, les acteurs du marchés seraient notamment en mesure de truquer ces chiffres pour se payer leur place au sein des listes de best-sellers. Une méthode simple, consistant à passer pré-commande à tarif réduit pour ses propres ouvrages, en masse, puis les revendre par la suite pour récupérer une partie de sa mise...

 

Le but de la fraude : pouvoir coller ensuite l'étiquette auteur à succès sur chacun de ses prochains ouvrages mis sur le marché. Une sorte d'investissement sur le long terme, pour doper ses ventes ultérieures, en mettant à profit le pouvoir de l'argent contre la faiblesse des instruments de mesure, et ce serait même légal.