Des ventes en hausse pour Amazon, mais des pertes faramineuses

Antoine Oury - 25.07.2014

Edition - Economie - Amazon résultats - chiffres trimestriels - pertes bénéfices


Régulièrement, Amazon doit rendre des comptes à ses investisseurs : la société s'offre le luxe de pratiquer l'optimisation fiscale à grande échelle, mais, en Bourse, il n'y a pas d'échappatoire. Les derniers résultats trimestriels de la société sont symptomatiques de la stratégie économique du site de ecommerce : les ventes sont en hausse, de 23 %, mais les pertes sont encore un peu plus élevées. 

 


House on Fire

Une stratégie qui paie... sauf les actionnaires (Images Money, CC BY 2.0)

 

 

La période concernée, pour ses nouveaux résultats, s'étend d'avril à juin 2014 : dans son communiqué de presse, Amazon met en avant l'information la plus réjouissante. « Ventes en hausse de 23 %, pour 19,34 milliards $ ». A priori, peu de sociétés peuvent se targuer d'un tel revenu.

 

À la même période de l'année 2013, les ventes s'arrêtaient à 15,7 milliards $, et la tendance est donc toujours à la hausse. Amazon a multiplié les investissements et les nouveaux projets, pour attirer un peu plus de clients fidèles dans ses pages : des projets farfelus comme la livraison par drones jusqu'aux positionnements sur de nouveaux marchés avec la création du Fire Phone, en passant par des améliorations d'offres, à l'image du service Kindle Unlimited.

 

Cependant, tout cela a un coût : Amazon rapporte ainsi des pertes trimestrielles qui s'élèvent à 126 millions $, ou, depuis la perspective des actionnaires 0,27 $ par actions. Par rapport à l'année précédente, le résultat est catastrophique : Amazon comptait alors 7 millions $ de pertes, pour la même période en 2013.

 

Certes, au vu des revenus de la firme, le chiffre est dérisoire. Mais il signifie qu'Amazon n'enregistre pas de bénéfices, tant ses dépenses logistiques et ses investissements sont importants.

 

Les estimations fournies par Amazon, pour le trimestre suivant, ne sont pas plus réjouissantes pour les investisseurs : si une hausse de 15 à 26 % des ventes est attendue, les pertes pourraient cette fois se chiffrer dans une fourchette entre 410 et 810 millions $... Contre 25 millions $ de pertes, pour la même période en 2013.

 

Tom Szkutak, le directeur des finances d'Amazon, est resté serein et sûr de sa société : « Nous n'optimiserons pas les profits à court terme », a-t-il martelé, en soulignant que les investissements sur de nouveaux produits restaient la priorité, quand les pertes élevées faisaient partie de la stratégie de la société.

 

De son côté, Jeff Bezos, PDG d'Amazon, a simplement rappelé que les équipes continueront de « travailler dur pour améliorer encore et encore l'expérience de l'utilisateur ». Mais pas celle des actionnaires, visiblement.