Détention de l'éditeur Gui Minhai en Chine : l'ONU doit intervenir

Antoine Oury - 30.07.2018

Edition - International - Gui Minhai éditeur - Gui Minhai Chine - Chine éditeur prison


L'organisation non gouvernementale internationale Reporters sans frontières a décidé d'interpeler l'Organisation des Nations Unies au sujet de la situation de l'éditeur suédois d'origine chinoise Gui Minhai, détenu en Chine depuis plus de 1000 jours. Arrêté en 2015 pour des motifs flous, vraisemblablement liés à son activité d'éditeur et de libraire, Minhai a depuis été brièvement relâché, puis de nouveau arrêté.


Gui Minhai en février 2018
 
 

L'ONG Reporters sans frontières (RSF), dans un communiqué, explique qu'elle « a déposé hier une requête auprès du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire (UNWGAD) au sujet de l’éditeur suédois Gui Minhai, détenu en Chine depuis plus de mille jours et atteint d’une grave maladie neurologique ». L'ONG souhaite que l'Organisation des Nations Unies reconnaisse le caractère arbitraire de la détention de Minhai et alerte publiquement la Chine.

 

« Depuis déjà trois ans, le pouvoir chinois persécute Gui Minhai en raison de ses activités passées d'éditeur indépendant et le prive de ses droits consulaires et de toute assistance médicale », s’indigne Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l'Est de RSF. « Nous espérons que l'ONU, en reconnaissant officiellement le caractère arbitraire de cette détention, contribuera à relancer la mobilisation internationale pour sa libération, alors qu’il risque de mourir en prison. »

 

L'état de santé de Gui Minhai est en effet très préoccupant : au moment de sa seconde arrestation, en janvier 2018, Gui Minhai se rendait, en train, à Pékin pour y subir plusieurs examens médicaux relatifs à des symptômes de la maladie de Charcot. Un groupe de 10 hommes avait alors fait irruption dans le train pour enlever l'éditeur. Depuis, aucune nouvelle, si ce n'est une interview filmée, réalisée en février dernier, dans laquelle Minhai, vraisemblablement sous la contrainte, accusait la Suède d'être responsable de sa situation.

 

Les craintes vis-à-vis de l'état de santé de l'éditeur sont d'autant plus grandes que les autorités chinoises ont pour habitude d'ignorer les risques encourus par leurs prisonniers. Une telle attitude avait d'ailleurs coûté la vie au Prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo, écrivain mort en détention en juillet dernier d'un cancer en phase terminale. La Chine avait refusé les demandes d'extradition pour qu'il puisse être soigné.

 

 

Enlevé en 2015 avec d'autres libraires de Hong Kong, Gui Minhai, créateur de la maison d'édition Mighty Current, plutôt critique vis-à-vis du pouvoir chinois, est le seul à ne pas avoir été relâché par les autorités chinoises. En octobre 2017, la Chine avait annoncé sa libération, dans des conditions incompréhensibles, en janvier 2018, a finalement replacé l'éditeur en détention.

 

« En raison de violations de lois chinoises, les autorités compétentes ont adopté des mesures judiciaires coercitives à l’encontre de Gui Minhai », avait simplement déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, au moment de la seconde arrestation de l'éditeur.




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