Deux incendies criminels en 7 mois : la librairie ferme définitivement

Nicolas Gary - 03.12.2019

Edition - Librairies - pecora Elettrica Italie - librairie incendie criminel - librairie anti fascisme


Début novembre, l’incendie d’une librairie résolument ancrée dans l’antifascisme faisait froid dans le dos. Surtout qu’il s’agissait de la seconde action criminelle portée contre la Pecora Elettrica, située dans un quartier de Rome. Après l’accident d’avril, tout le monde s’était mis à pied d’œuvre. Mais cette fois, les propriétaires ont perdu courage.


 

Dans la nuit du 5 novembre, un incendie réveillait les pompiers de Casilina : la librairie qui devait rouvrir le 7 novembre après plusieurs mois de travaux était en proie aux flammes. Une destruction qui avait mis le monde du livre italien en émoi, désemparé par cette attaque contre un symbole de liberté et de culture. 

Parce qu’en effet, la Pecora Elettrica proposait des lectures altermondialistes, des sujets sociaux et des livres intelligents, elle aura une nouvelle fois était victime de ses aspirations. « Ce soir, le feu l’a détruite de nouveau. Ils sont entrés et ont mis le feu à tout », se désolait alors le propriétaire
 

Y retourner, encore... ou plus


Au lendemain, les propriétaires avaient retroussé leurs manches : une nouvelle cagnotte de demandes de financement était mise en ligne – 18.573 € récoltés sur les 50.000 € nécessaires seulement. Et puis, ce message de Danilo et Alessandra, les propriétaires, survenu ce 2 décembre.

La librairie-café du quartier de Centocelle ne rouvrira plus. « Nous ne voyons pas ce choix comme une défaite : le travail accompli, nous en sommes très fiers. En deux ans et demi d’ouverture, nous avons mis en route de nouvelles énergies, des projets à ne pas manquer », indiquent-ils sur leurs réseaux sociaux.

« Malgré la douleur et la colère après ce que La Pecora Elettrica a enduré, nous nous sentons comme appartenant à une communauté qui dépasse notre quartier et de notre ville. Une communauté forte et consciente capable de se serrer les coudes dans la défense des espaces de partage et de promotion culturelle. »

La communauté a, une fois de plus, tenté de répondre à l’appel, mais pour les propriétaires, « la Pecora Elettrica est désormais une entité plus grande que ses propriétaires ». Et maintenant, il faut prendre de nouveaux sentiers pour continuer.

La fermeture, inattendue, autant qu’improbable, entraîne toutefois des coûts — les dettes, la banque, la paperasse administrative et tout le reste. Les dons collectés ne permettraient pas cette fois de donner une nouvelle vie à l’établissement — et de toute manière la crainte qu’un troisième incendie ne le ravage est prégnante.

Celles et ceux qui auront donné pourront toujours reprendre leur argent. Pour les autres, les montants serviront à régler ce qui doit l’être. Danilo et Alessandra n’ont pas de regrets. « Merci de toute décision que vous prendrez. Le mouton électrique est partout. »


Commentaires
C'est atterrant! Va-t-on vers une internationale des vandales brûleurs de livres?
Mais dans quel monde vit-on pour que des imbéciles s'en prennent à une librairie ? mad
Autodafé spécialité nazie
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