Deux livres d'Alexandre Soljenitsyne pour le centenaire de sa naissance

Victor De Sepausy - 20.07.2018

Edition - Les maisons - Alexandre Soljenitsyne centenaire - Soljenitsyne dissident URSS - révolution russe Soljenitsyne


L’écrivain et dissident soviétique Alexandre Soljenitsyne aurait eu un siècle, ce 28 novembre 2018. L’occasion de célébrer le centenaire de sa naissance, alors que les éditions Fayard publient des inédits, Journal de la roue rouge, traduit par Françoise Lesourd, et un texte au sein de Révolution et mensonge, traduit par Nikita Struve, José Johannet, Georges Philippenko et Georges Nivat.


Aleksandr Isayevich Solzhenitsyn, painted portrait DDC_7677.JPG
thierry ehrmann, CC BY 2.0
 

 

Prix Nobel de littérature en 1970, Alexandre Soljenitsyne fut destitué de sa nationalité russe quatre ans plus tard, peu après avoir fait paraître L’Archipel du goulag. Expulsé d’URSS, il partit vivre aux États-Unis durant vingt années, avant de revenir dans sa Russie natale. 

 

C’est tout à la fois le centenaire de sa naissance, le 28 novembre 1918, et les dix ans de sa mort, le 3 août 2008, qui seront commémorés. À ce titre, l’Institut de France organisera une célébration durant le mois de novembre. Deux titres paraîtront donc, ce 29 octobre.

 

Journal de la Roue rouge est désigné par l’auteur par l’expression « Journal R-17 ». Il retrace son propre parcours, face à la description de la révolution russe. Il s’agit, presque jour après jour, de la chronique de la rédaction de ce qui devait être au départ un « roman historique » : La Roue rouge, dont le cœur est la révolution de 1917. Les approches du récit vont changer, se transformer au fil des années. Voici donc une chronique allant des années 1960 (quelques bribes de notes préparatoires) à l’année 1991, qui marque l’effondrement du bloc communiste à l’est. Période de désarroi et d’attente inquiète quant au sort de la Russie.

Ce Journal est aussi comme une œuvre en cours, la prise de conscience de l’auteur qu’il faut réexaminer totalement son projet littéraire initial. 
 

Dans toute la première partie (en URSS, 1960-1973), la mention des années parle d’elle-même : en même temps que l’écriture de l’œuvre, on voit le contexte biographique à peine évoqué, en quelques mots, mais c’est suffisant ; en 1965, c’est la rafle de ses manuscrits ; en décembre 1973, peu avant son expulsion, quelques lignes évoquent cette tension extrême, ce moment de bilan et de suspens. 
 

Puis, c’est l’arrivée en Occident (2e partie, 1974-1980) qui s’accompagne d’un nouveau regard sur l’œuvre : Zurich, où il passe quelque temps, est justement la ville de Lénine. Le contact direct avec les lieux concrets, les émigrés russes, son accès à toutes les archives (Stanford), tout cela donne à l’œuvre en cours une nouvelle densité, mais le matériau prend une ampleur de plus en plus difficile à maîtriser. 
 

Une fois installé dans le Vermont, les conditions de travail sont enfin idéales, mais la disproportion entre l’ambition du projet et le temps passé à le transformer devient criante (ce n’est pas une entreprise à l’échelle humaine, en tout cas pas celle d’un seul individu) et l’oblige à revoir les dimensions d’ensemble, les limites de l’œuvre (3e partie, 1981-1991). 



 


Révolution et mensonge contient trois textes, dont un inédit daté de 1984, Deux révolutions : la française et la russe.

 

Ils sont tirés des Écrits politiques de l’auteur de L’Archipel du Goulag et nous éclairent sur son moteur intérieur : vivre sans mensonge ! Le texte ainsi intitulé date de février 1974, au moment où Alexandre Soljenitsyne va être arrêté pour la seconde fois, puis expulsé vers l’Allemagne, proscrit. À tous ceux qui disent : impossible de rien faire chez nous !, Soljenitsyne lance ce cri : Vivez sans mensonge, dans les petites comme dans les grandes choses... 
 

Une fois installé contre son gré en Occident, d’abord en Suisse, puis en Amérique, parallèlement aux six mille pages de sa Roue rouge qui fouillent les ressorts du désastre qui a mené la Russie à la ruine, il tente d’en donner une analyse idéologique. Ces trois courts textes regroupés sous le titre : Révolution et mensonge pourraient ainsi constituer la conclusion de La Roue rouge, qui, comme toute grande œuvre romanesque, n’a ni conclusion ni « morale » évidente. 
 

Dans le deuxième récit : Leçons de Février (1983), l’auteur se demande pourquoi une monarchie tricentenaire, et encore populaire, est tombée en trois jours. Faute de force intérieure, faute de savoir penser et parler vrai ? 
 

Inauguration du premier musée consacré
à Alexandre Soljenitsyne


Dans le troisième : Deux révolutions : la française et la russe (1984), le dissident du libéralisme, du ready-made idéologique retourne le fer contre l’Occident et tente de comparer la glissade dans le mensonge et la violence de deux révolutions. 

 

Journal de la roue rouge – 9782213662701 – 35 €

Révolution et mensonge – 9782213711683 – 20 €

 

 

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