Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Deux tiers des auteurs et des critiques dans les revues littéraires sont des hommes

Laure Besnier - 03.11.2017

Edition - Société - étude américaine - VIDA Femmes Hommes - Femmes Littérature


Le constat est clair : selon une étude américaine qui vient de sortir, en 2016, deux tiers des auteurs chroniqués dans les médias à travers le monde sont des hommes et deux tiers des critiques littéraires sont aussi des hommes. En revanche, les résultats de l’étude à propos des données « intersectionnelles » avec des facteurs tels que l’ethnicité, la sexualité et le handicap, sont moins concluants. 

 

daniel julià lundgren, CC BY SA 2.0

 


L’organisation américaine VIDA : women in Literary Arts s’est donnée pour mission, depuis sa création en 2009, de relever et d’évaluer la présence des femmes dans les médias littéraires, en observant à la fois les auteures considérées par ces médias et les auteures qui y travaillent. 

 

Pour ce faire, elle demande aux auteurs et contributeurs de revues littéraires dans le monde de spécifier leur genre, la catégorie sexuelle qui leur correspond, leur appartenance ethnique, mais aussi leur handicap, s’ils en ont un. 

 

Les résultats de 2016 sont sans appel en ce qui concerne le genre des auteurs critiqués et des critiques qui les évaluent. Deux tiers des écrivains évalués sont des hommes et deux tiers des contributeurs aux revues littéraires sont des hommes. 

 

Par exemple, chez le London Review of Books, seulement 18 % des contributeurs et 26 % des auteurs évalués sont des femmes. Depuis la première étude de la VIDA en 2010, ce chiffre ne semble pas avoir bougé. 

 

Certains, en revanche, ont tout de même fait quelques progrès comme le New York Times Book Review : 44 % des auteurs chroniqués sont des femmes. Pour la première fois depuis 2010, Granta, a publié plus de femmes que d’hommes. 

L'univers du livre et de la critique littéraire
serait majoritairement masculin

 

En ce qui concerne les résultats des données « intersectionnelles » qui consistent à étudier, en sociologie, la situation de personnes subissant plusieurs formes de discrimination, ils sont moins concluants. En effet, les problèmes viennent du fait que les personnes s’autodéclarent faire partie de ces catégories et cette méthodologie peut compliquer les conclusions.

Par exemple, chez Granta, à la question « Identifiez-vous une personne avec un handicap ? », une personne (11 %) a répondu « oui », une autre « non », une autre « Je ne suis pas sûr » et six autres personnes (67 %) n’ont pas répondu. Cela montre bien les difficultés de la méthode de l’auto-identification. 

 

Dans son étude, VIDA contextualise ces résultats en rappelant que l’Amérique de Donald Trump, celle du « Make America Great Again », fait entre autres la guerre aux femmes, aux personnes non-binaires et aux queers, en prônant un retour aux valeurs d’antan. 
 

Via The Guardian