Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Deuxième édition de la rentrée littéraire au format DAISY

Antoine Oury - 11.09.2014

Edition - Les maisons - Syndicat national de l'édition - rentrée littéraire DAISY - accessibilité lecteurs empêchés


Pour la deuxième année consécutive, le Syndicat National de l'Édition met en place la rentrée littéraire au format DAISY, pour rendre disponible au plus grand nombre les livres les plus discutés et lus de ces mois de septembre et d'octobre. Le SNE se charge de récupérer les titres des éditeurs volontaires, avant de les communiquer en amont aux associations spécialisées.

 

 

 

 

En effet, par rapport aux livres numériques commerciaux, les ouvrages doivent être rendus accessibles par les différents acteurs afin que les publics empêchés, par la dyslexie ou une vision défaillante, puissent découvrir les textes. La conversion au format DAISY permet ainsi d'améliorer l'accessibilité.

 

L'année dernière, plus de 200 romans avaient été rendus accessibles par l'association BrailleNet. Pour cette opération 2014, le SNE a mis les bouchées doubles, et a pour l'instant réussi à réunir 49 éditeurs. L'opération se prolonge jusqu'à la fin septembre, avec la possibilité de prolongations pour fournir le maximum de titres. Elle est ouverte à tous les éditeurs, avec le soutien du CNL.

 

« Le principe n'a pas changé », explique Patrick Gambache qui pilote l'opération pour le SNE, « nous envoyons du XML pur, que les associations codent en DAISY avant de les reverser sur Platon, la plateforme de la BnF ». Cette année, 5 associations seront mises à contribution pour effectuer les conversions : BrailleNet, l'Association Valentin Haüy, l'Institut national des jeunes aveugles, le Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes et l'Association Lire Sans les Yeux.

 

Dans le cadre des exceptions handicap, les différentes associations pourront ensuite récupérer les documents auprès de Platon, avec leur agrément. Dans l'opération, le SNE joue le rôle de point de contact et met en relation associations et éditeurs, ce qui reste appréciable alors que l'accessibilité devient un sujet de plus en plus important.

 

Toutefois, comme nous le confirme Dominique Burger, collaborateur de BrailleNet au sein de l'Université Pierre et Marie Curie, « la loi actuelle conditionne toujours l'exception handicap, et l'accès aux textes adaptés, à 80 % d'incapacité de lecture, ou bien à un certificat d'un ophtalmologiste, assurant que la personne ne peut accéder aux textes commerciaux ». Autrement dit, le public qui pourra profiter de l'opération est considérablement réduit, et des handicaps moins visibles comme la dyslexie sont laissés de côté.

 

La situation pourrait changer en 2015, avec une réforme légale promise par Aurélie Filippetti, alors ministre de la Culture et de la Communication, au congrès de l'ABF. Parmi les mesures attendues, la mutualisation des documents rendus accessibles, qui « permettrait de mettre en place une politique d'acquisition partagée, totalement inédite », expliquait Luc Maumet, de l'Association Valentin Haüy, en juin dernier.

 

Mais l'objectif final, pour les éditeurs comme pour les associations spécialisées, reste la mise en place d'une édition nativement accessible, qui faciliterait le travail d'adaptation des associations — en le supprimant — tout en permettant aux éditeurs de faire valoir leur offre commerciale devant l'exception handicap.

 

Notons également l'initiative de la récent Bibliothèque Numérique Francophone Accessible (BNFA), mise en place par BrailleNet, le Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes (GIAA) et l'Association pour le Bien des Aveugles et des malvoyants (ABA), qui propose plus de 27000 titres, dont 75 titres de la rentrée littéraire, pour le moment.