Développement des services aux auteurs, conséquence de l'autoédition

Clément Solym - 27.12.2012

Edition - Economie - Auto-édition - Smashwords - Editeur


Mark Coker, le fondateur du site Smashwords, estime que les auteurs désireux de publier eux-mêmes leurs livres sur le net vont avoir de plus en plus besoin des services de personnes compétentes dans ce domaine. On ne peut que lui donner raison, car bien souvent pour qu'un livre soit lu, il ne suffit pas de le poster sur un site.

 

 

 

 

Les remarques qu'il propose soulignent une situation assez ironique. Avec l'essor du livre numérique et des sites comme Wattpad (voir notre actualitté), l'autoédition n'a jamais connu autant de succès. Nombreux sont ceux qui veulent faire partager leurs écrits au monde entier, mais qui oublient qu'il ne suffit pas d'écrire pour faire un livre. En d'autres termes, on a voulu chasser l'édition par la fenêtre et elle revient par la porte, certes sous une forme différente.

 

Ce phénomène ne perturbe pas pour l'instant les activités des maisons d'édition classiques. On l'a vu avec Fifty Shades, puisqu'après une carrière sur internet, le livre est rentré dans le circuit habituel via Random House. Il ne s'agit pas donc pas d'éliminer les éditeurs de l'affaire.

 

Pourtant de nouveaux services devraient commencer à voir le jour pour accompagner les nouveaux auteurs numériques dans la promotion et la diffusion de leur ouvrage. Face à ce constat, Mark Coker va jusqu'à affirmer : « Dans la ruée vers l'or de l'auto-édition, il y a plus d'argent à faire dans les services aux auteurs que dans la vente de livres à proprement parler. »

 

Autoédition ne rime pas avec gratuité comme le rappelle Jason Boog sur le site Galleycat. Pour publier soi-même son livre, tous les coûts sont permis si l'on peut dire. Certains iraient jusqu'à débourser 50.000 $ pour voir leur travail publié. Il va de soi que cela n'a plus rien avoir avec du travail d'amateur.

 

Débourser une telle somme revient à faire entrer en jeu des personnes pour s'assurer de toutes les étapes de la diffusion du livre, de la gestion des droits, de la comptabilité, etc. Autrement dit, une véritable petite entreprise dans la mesure où c'est l'auteur qui doit gérer les tâches normalement prises en charge par l'éditeur. Comme le dit Coker : « C'est un commerce que vous gérez. » Le même Coker propose sur son site des contacts de professionnels qui peuvent aider les auteurs pour un coût raisonnable, par exemple pour concevoir une couverture.

 

En plus de la pertinence de ces conseils, il est intéressant de voir à quel point l'autoédition semble être prise au sérieux désormais. Fini le temps où il s'agissait de quelques fan fictions. L'autoédition est en train de devenir un marché à part entière.