Devenu peintre, George Bush se brosse avec les vétérans américains

Cécile Mazin - 03.10.2016

Edition - Les maisons - George Bush peintures - vétérans guerre soldats - Amérique Bush Irak


La relation entre l’ancien président Georges Bush junior et l’art devient plus complexe que prévu. C’est à sa carrière de peintre, autant que d’auteur, qu’il se consacre désormais, avec la publication d’un nouvel ouvrage, chez Crown Publishing Group. Attention les yeux...

Portraits of Courage : A Commander in Chief’s Tribute to America’s Warriors sera dans les librairies à compter du 28 février 2017, réunissant 66 photos de tableaux. Bush, qui a fait de la peinture un passe-temps, dévoilait déjà son ampleur – hem – artistique en 2013. Plusieurs de ses œuvres étaient exposées, avec deux autoportraits le montrant dans un baignoire. Tout cela avait fait bien rire.

 

Mais le monde de l’art contemporain était-il prêt à recevoir les œuvres de l’ancien président ? Si les portraits ont quelque chose de légèrement inquiétant, ils sont surtout naïfs, maladroits et... colorés. 

 

Probablement que ces points ont attiré l’attention de l’éditeur Crown, filiale de Penguin Random House, qui a décidé d’imprimer les toiles présidentielles. Et sans en faire des caisses, la maison assure que, depuis son départ de Washington, Bush a tout fait pour rendre hommage aux combattants de l’Amérique, et leur réinsertion dans la vie civile.

 

Un soutien aux soldats qu'il a expédié au front...

 

Le livre, autant que les tableaux, s’intégrerait pleinement dans cette démarche. « Portraits of Courage est plus qu’un livre d’art. C’est un ouvrage sur les hommes et les femmes qui ont eu une incidence nationale importante au sein des forces armées – et qui continuent d’être vitales pour le succès futur de notre pays », assure W, dans sa préface.

 

Évoque-t-il ainsi les soldats qu’il a fait expédier en Irak sous de faux prétextes d’armes de destruction massives, et qui sont revenus totalement traumatisés ? Pas certain. 

 

Reste que les ventes seront entièrement reversées à une organisation à but non lucratif, le George W. Bush Presidential Center, qui travaille aux côtés d’anciens combattants et de leurs familles. Le tout pour « surmonter les blessures invisibles de la guerre ». Conflit dont il n’est pas besoin de rappeler qu’il fut monté de toutes pièces, a entraîné la mort de plus de 100.000 Irakiens et 4400 Américains, avec un coût financier monstrueux.

 

Et cerise sur le gâteau, a fait passer les États-Unis, autant que leur président de l’époque, pour des meurtriers totalement décérébrés. Le tout en surfant sur l’esprit de vengeance qui planait après les attentats du 11 septembre 2001... 

 

Un président déjà sourd aux évidences... doit-on s'attendre à ce qu'il se tranche l'oreille, pour plus de véracité ?