DH Lawrence, finalement pas si misogyne que ça ?

Xavier S. Thomann - 12.04.2013

Edition - Société - DH Lawrence - Inédit - Misogynie


L'auteur de Lady Chatterley n'a pas bonne presse pour ce qui est de sa vision des femmes. Il traîne derrière lui une réputation de misogyne, et comme cela fait longtemps qu'il n'est plus de ce monde, difficile pour lui de se défendre sur le sujet. Heureusement, des chercheurs sont là pour fouiller ses textes en détail. 

 

 

DH Lawrence

Ben Sutherland, CC BY 2.0

 

 

Un texte paru dans le très respectable Times Litterary Supplement du mois dernier apporte un nouvel éclairage sur le sujet. Il s'agit du manuscrit d'un article écrit par Lawrence pour répondre aux propos d'un certain « JHR », qui, en avril 1924, tenait des propos ouvertement misogynes dans une revue de l'époque, revue publiée par son ami John Middleton Murry. 

 

Après avoir lu l'article de JHR, Lawrence a visiblement été choqué par les propos de cet homme qui disait notamment que « dans chaque femme il y a la graine d'un mal terrible et innommable. » Le reste est dans le même ton. D'ailleurs, le titre contenait l'essentiel du propos, « The Ugliness of Women », c'est-à-dire la mocheté des femmes. 

 

Lawrence répond à ces idées douteuses par un bref billet de 185 mots. Il exhorte l'auteur de l'article incriminé à penser aux femmes, « même les plus belles », « comme étant autre chose que des bouts de viande macabre. » De plus, il demande à JHR de revoir son argumentation. 

 

Il va même jusqu'à dire : « ce que JHR prend pour quelque chose d'affreux est un reflet de lui-même ». 

 

L'article n'a donc pas été publié à l'époque, pour des raisons qui ne sont pas très claires. Aujourd'hui, ce sont les chercheurs qui se penchent sur le texte pour donner une image plus juste de cet auteur important du siècle dernier. Andrew Harrison, de l'université de Nottingham, rappelle à juste titre que Lawrence « est souvent vu comme un misogyne et un sexiste. » Cet universitaire estime que même dans son oeuvre romanesque on trouve des preuves que l'auteur n'était nullement misogyne.