Dickens, comment célébrer son 200e anniversaire ?

Clément Solym - 24.03.2008

Edition - Société - Charles - Dickens - anniversaire


En 1869, Charles Dickens rédigea son testament, un an avant sa mort : « Pas de monument, pas de mémorial, ou quoi que ce soit d'autre », écrivait-il. Que l'on se souvienne de son oeuvre uniquement. Mais presque un siècle et demi après sa mort, un peu à la manière du débat autour du Laura de Nabokov, ses descendants ravivent le débat. Et voient loin.

En effet, ils envisagent le 200e anniversaire de sa naissance (le 7 février 1812) et la nécessaire commémoration de celui qui fut le plus célèbre auteur anglais. Et à ce titre, une statue pourrait être dressée à Eastgate House, Rochester, Kent, un immeuble plusieurs fois mentionné dans l'oeuvre de Charles.

Pour Mark, arrière-petit-fils, une statue serait « très en retard » sur l'hommage, tandis que Ian questionne : « Est-il encore possible d'obéir à un testament quand nombre de monuments ont poussé ces cent dernières années ? Comme mon cousin et mon oncle, je souscris pleinement à un tel monument. »

Mais cette proposition irrite une association, la Dickens Fellowship, qui s'insurge contre ce qui aurait mortifié l'auteur. « Dickens a émis un souhait clair dans ses dernières volontés [...]. Il serait arrogant d'ignorer ses paroles et l'on doit les prendre pour argent comptant. » Et histoire de botter en touche, certains proposent plutôt une statue à l'effigie d'un de ses personnages, ou la création d'un jardin servant de mémorial.

La seule statue de Dickens existant réside à Philadelphie, elle fut créée en 1894 et fut envoyée en Angleterre en cadeau. Le fils de Charles la renvoya presque aussi sec. Dernièrement, Dickens avait été mis en avant avec la vente aux enchères de quelques pièces de son oeuvre, notamment des illustrations et des premières éditions.