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DIEU au kilo : leçon philisophico-scolastique de Roger-Pol Droit

Cécile Mazin - 09.04.2013

Edition - Les maisons - Roger-Pol Droit - philopsphie - dictionnaire


Et Dieu, dans tout cela ? Comment honorer la philosophie sans l'inviter dans un dictionnaire, qui pense et réfléchit la société ? Quelle que soit la pensée, Dieu ne peut en être exclu. Ainsi, ActuaLitté, avec Babelio et les éditions Seuil vous offrent un nouvel extrait extraits du livre de Roger-Pol Droit, Ma Philo perso. L'ouvrage est paru début mars, avec 512 pages de réflexions, courtes ou longues, pour « refuser les généralités ». Aujourd'hui, inauguration avec DIEU, au kilo...

 

 

 

 

 DIEU, au kilo

Eglise cathodique

 

Au secours, Voltaire, ils reviennent ! Les voilà en terre conquise dans la patrie des Lumières, s'efforçant de faire oublier que ce beau pays trancha le cou du roi et sépara finalement l'Église de l'État. La France est-elle encore une République ? A-t-elle déjà effacé 1789, ses libres-penseurs et ses principes laïques ? Est-elle ressuscitée soudain fille aînée de l'Église, ivre d'eau bénite, affolée par les soutanes, dégoulinante de bonnes intentions et de pieuses bêtises ?

 

On peut se le demander, chaque fois que des chaînes de télévision diffusent, pendant des heures, Journées de la jeunesse (quelle jeunesse ?), kermesse papale, et autres grands-messes.

 

Alors une bonne partie de la presse s'évertue à devenir le parti de la bonne presse, et s'extasie sur l'affluence. Au moment des Journées mondiales de la jeunesse catholique (et non de la jeunesse tout court), on n'épargne pas aux citoyens la confusion du cathodique et du catholique, dans un festival d'extraordinaires niaiseries, sans distance et sans guillemets.

 

On apprend par exemple qu'« il y a des pays où il est difficile de vivre sa foi» (tout court!), «l'Irak», par exemple. On s'émeut de la ferveur de cette « autre jeunesse », qui console de tout le mal que nous donnent les banlieues, les immigrés, l'avortement, la pilule et le haschich.

 

Finalement, ces anges à joues roses, avec leurs drapeaux et leurs bougies, permettent de conclure que tout espoir n'est pas perdu : quoi qu'on dise, heureusement, l'homme est toujours l'homme, Dieu toujours Dieu, l'Église toujours là.

 

Pourtant, difficile d'y croire, si l'on peut dire. Que veulent- ils, ces petits ? Oublions les subtilités de la théologie et les raffinements de la mystique. Ils ne partagent pas vérita- blement un dogme, avec des bords tranchés et d'inévitables intolérances. Ils veulent du religieux en général, de la pâte d'esprit sans parfum, à peine colorée en usine, du divin comme produit générique. Comme si l'on demandait de la nourriture en général, ou de l'amour sans autre précision.

 

Dieu au kilo, stérilisé, homogénéisé, consommable sous toutes les latitudes...