Diffamation : Alexandre Djouhri débouté contre L'Express

Clément Solym - 14.09.2011

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Pierre Péan, auteur de La République des mallettes avait bénéficié d'un solide soutien, involontaire, promotionnel, lorsque Dominique de Villepin était intervenu en faveur d'Alexandre Djouhri.

Selon l'ancien premier ministre, Alexandre Djouhri était au-dessus de tout soupçon et le travail de Pierre Péan en dessous de tout. « Je me pose même la question de savoir si ce n'est pas un livre de commande. Je n'ai pas reçu un coup de fil de M. Péan, une demande d'éclaircissement » (voir notre actualitté)

Diffamation, c'est raté

Ledit Alexandre Djouhri avait d'ailleurs intenté un procès au journal L'Express, en diffamation, suite à un article dans lequel Éric Pelletier et Jean-Marie Pontaut en parlaient comme suit : « En novembre 2009, Patrick Ouart, alors conseiller du président, se plaint des attaques de l'homme d'affaires Alexandre Djouhri, très en vue dans l'entourage de Sarkozy. » Pas du goût de l'intéressé, on s'en doute.

Et dans le jugement de la 17e chambre civile du tribunal de grande instance de Paris, il a été accordé que les propos avaient bien un caractère diffamant, mais que, les deux journalistes ayant réalisé une enquête sérieuse, la demande du plaignant était déboutée. Selon le rendu de la cour, cité par l'AFP, « les journalistes disposaient d'une base factuelle suffisante pour leur permettre de s'exprimer comme ils l'ont fait. »

L'Express avait d'ailleurs produit une lettre de Patrick Ouart, durant le procès qui signalait avoir été « avisé successivement par deux personnes dignes de foi de ce que M. Djouhri proférait à (s)on encontre de vifs reproches et menaces ».

Et dans le cas Péan

Tout porte à croire, selon les dernières déclarations d'Alexandre Djouhri qu'il pourrait tenter d'épingler Pierre Péan. « Sur mes activités actuelles, M. Péan, qui n'a effectué aucune enquête sérieuse, reprend à son compte des allégations malveillantes, fantaisistes et diffamatoires dont il est bien évidemment incapable d'apporter la preuve », explique l'homme d'affaires au Point. Et de souligner : « M. Péan ne m'a pas même adressé une liste de questions pour vérifier les prétendues informations qu'il publie. »

L'avocat confirme les propos de son client, et Pierre Péan lui-même confirme n'avoir pas eu de rendez-vous avec l'intéressé. Djouhri aurait été contacté, mais aurait refusé de rencontrer le journaliste. Pour le moment, aucune procédure n'est en cours. Olivier Nora, l'éditeur de Péan, chez Grasset ne souhaite pas faire de commentaires, considérant que « M. Péan est un professionnel et qu'il sait ce qu'il fait ».

En attendant la suite...