Diffamation du veuf de Lolo Ferrari : le tribunal diffère sa décision

Antoine Oury - 19.09.2014

Edition - Justice - Lolo Alma Brami Plon - Eric Vigne veuf Lolo Ferrari - roman procès diffamation


Le débat sur les limites entre fiction et réalité se poursuivra encore un peu au tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand. L'instance judiciaire vient de reporter sa décision au 30 octobre, dans un procès qui oppose le veuf de Lolo Ferrari, Éric Vigne, à l'auteure Alma Brami et l'éditeur de Lolo, Plon. Le plaignant a porté l'affaire en diffamation, pour la façon dont il est présenté dans l'ouvrage paru en 2013. 


 

 

En 2000, Éric Vigne avait été accusé du meurtre de Lolo Ferrari, retrouvée morte le 5 mars de cette même année, à l'âge de 37 ans, d'une overdose apparente de médicament. Son veuf fut placé en détention pendant 13 mois, avant d'obtenir un non-lieu en 2007. L'ouvrage d'Alma Brami lui a donné « l'impression de revivre » cette accusation erronée, a-t-il expliqué devant la cour.

 

« Selon elle [Alma Brami, NdR], je dirige Ève [Valois, véritable identité de Lolo Ferrari, NdR] vers la mort alors j'ai tenté à plusieurs reprises de la sauver [...] Ma femme s'est suicidée et malheureusement cette fois-là, je suis arrivé trop tard » a rappelé Éric Vigne, en rejetant tous les autres qualificatifs associés à « Alain », son "homologue" du roman.

 

Les guillemets sont nécessaires, car tout le travail du tribunal réside dans sa capacité à trancher entre réalité et fiction, et décider si la fiction s'inspire trop ouvertement des faits réels. L'avocat du plaignant, Me Gilles-Jean Portejoie, demande quant à lui que son client « soit réhabilité une seconde fois », rapporte France 3 Auvergne.

 

Alma Brami, l'auteure du roman incriminé, a expliqué s'être « inspirée d'éléments parus dans quelques articles de presse au moment du décès de Lolo Ferrari », mais n'avoir en aucun voulu dresser un portrait réaliste des protagonistes et de leur relation. « C'est un roman, un ro-man. Tout est invention », a ajouté l'avocat de l'éditeur et de l'auteure, Me Olivier D'Antin. L'auteure, interrogée une semaine auparavant à l'occasion du Livre sur la Place, à Nancy, espérait « que l'écriture soit respectée, car il s'agit vraiment d'une fiction ».

 

À l'issue de l'audience, le tribunal a mis son jugement en délibéré jusqu'au 30 octobre prochain, signale l'AFP.