Diffamation raciale : Pierre Péan relaxé, mais SOS Racisme fait appel

Clément Solym - 10.11.2008

Edition - Justice - diffamation - raciale - Péan


C'est vendredi que la justice a statué sur le sort de Pierre Péan et de son éditeur Fayard, qui étaient tous deux poursuivis pour « complicité de diffamation raciale » ont été relaxés. Le livre Noires fureurs, Blancs menteurs, portant sur le génocide rwandais avait été saisi par l'association SOS Racisme en octobre 2006 : on reprochait à l'auteur d'avoir fait passer les Tutsis pour des menteurs et des dissimulateurs professionnels.

Pour l'avocat de l'association, la décision est regrettable : « Le tribunal avec une certaine honnêteté a jugé que les propos étaient déplacés, mais a eu une lecture modérée de ces propos, une lecture que SOS-Racisme ne partage pas. »

En face, l'avocate de Pierre Péan, Me Florence Bourg, se réjouissant de cette victoire pour la liberté d'expression, il en va tout autrement : « L'objet de ce livre est un véritable combat politique qui consiste à dénoncer un régime dictatorial », annonce-t-elle. Mais le tribunal ajoute qu’« aussi brutale qu'elle puisse paraître, spécialement pour les victimes du génocide », la formulation du livre ne cherche pas à « jeter le discrédit sur l'ensemble des Tutsis ». Donc pas de diffamation.

L'avocat de l'association va interjeter appel de ce verdict, estimant, contrairement à ce Me Bourg, pour qui le livre « stigmatise un fait culturel, pas une race. Le tribunal l'a très bien compris », que parler de « culture du mensonge et de la dissimulation » n'est pas sans incidence.